Modifié le 20 avril 2018

Le LSD était découvert il y a 75 ans par un chimiste suisse

Le chimiste Albert Hoffman photographié en 1993.
Il y a 50 ans, le chimiste bâlois Albert Hoffmann inventait le LSD La Matinale / 2 min. / le 20 avril 2018
C'est le 16 avril 1943 alors qu'il étudiait les alcaloïdes de l'ergot de seigle dans les laboratoires pharmaceutiques du groupe Sandoz à Bâle que le chimiste Albert Hofmann découvrait le diéthylamide de l'acide lysergique, en abrégé LSD.

Lors de ses recherches il y a 75 ans, Albert Hofmann manipulait du LSD et une goutte était tombée sur sa main, déclenchant d'étonnantes sensations: angoisse, vertige, visions surnaturelles, bonheur et gratitude.

Le chimiste découvrait les effets hallucinogènes de cette substance indissociable du mouvement psychédélique des années 1960.

Glorification dans certains milieux

Albert Hofmann destinait avant tout sa découverte à des utilisations en psychiatrie ou en neurologie. Sandoz a ainsi produit du LSD pour le corps médical entre 1947 et 1966. Le produit a été utilisé sur les alcooliques et les cancéreux sans espoir de guérison.

A cette époque, le chimiste n'imaginait pas que sa découverte serait glorifiée par des millions de personnes, écrira-t-il plus tard dans son livre "LSD - Mon enfant terrible". Mais dès les années 1950, le LSD est devenu la drogue numéro un, surtout aux Etats-Unis, et il a été glorifié dans certains milieux, notamment artistiques.

>> Dans les archives RTS: quand on testait du LSD en direct à l'antenne, dans l'émission Continents sans visa en 1966:

Trois volontaires prennent du LSD devant les caméras.
Continents sans visa - Publié le 16 avril 2018
 

ats/boi

Publié le 16 avril 2018 - Modifié le 20 avril 2018

Une utilisation médicale qui perdure

En 1963, le brevet de fabrication du LSD est arrivé à échéance et la substance a été placée sur la liste des stupéfiants interdits aux Etats-Unis. La consommation non médicale n'a pourtant pas cessé, mais est devenue marginale.

Mais le LSD intéresse toujours les chercheurs et plusieurs études ont bénéficié d'autorisations spéciales ces dernières années, en Suisse et ailleurs.

Une équipe bâloise a ainsi montré en 2017 que le LSD réduit l'activité de l'amygdale, une région cérébrale centrale pour la gestion des émotions négatives, la peur en particulier. Des effets jugés intéressants pour traiter la dépression, les dépendances ou les troubles anxieux.

Le LSD est aussi réputé pour réduire les frontières entre soi-même et autrui. Des scientifiques zurichois s'y intéressent pour la fabrication de nouveaux médicaments contre la schizophrénie ou la dépression.