Publié le 10 octobre 2017

Des jeux électroniques pour guérir dans les hôpitaux

Des enfants qui simulent leur entrée en salle d'opération, des femmes qui jouent à Tetris pour réduire les effets secondaires d'une césarienne, les applications ludiques thérapeutiques se font leur place dans le milieu hospitalier.

Depuis le mois de juin 2017, à l’hôpital d’Yverdon, les enfants qui vont être opérés disposent d’une tablette pour jouer à un jeu vidéo un peu particulier. L’enfant se crée un avatar avec lequel il jouera son propre rôle depuis sa chambre jusqu’au bloc opératoire.

Simulation pour les enfants

Pour les infirmières, partenaires de ce jeu, il est plus facile d’attirer l’attention et de rassurer les enfants. Après avoir été accompagnés par Coralie, une infirmière, sur les scènes explicatives qui décrivent tout le protocole d’hospitalisation avec des mots adaptés, Aron, 6 ans, connaît parfaitement la suite des opérations.

Tetris post-césarienne

Au CHUV de Lausanne aussi, on s’intéresse au jeu électronique thérapeutique. Antje Horsch, la directrice du département Femme-Mère-Enfant au CHUV, vient de terminer une étude mêlant jeux et soins. L’idée surprenante de ce projet: faire jouer à Tetris des femmes peu après un accouchement par césarienne en urgence.

Ces interventions provoquent des symptômes de stress post-traumatique chez un tiers des femmes. Les résultats de l’expérience s’avèrent prometteurs, avec une forte réduction des symptômes dans l’échantillon soumis au jeu.

Rééducation ludique

Ailleurs en Suisse, on explore encore une autre facette thérapeutique du jeu électronique. Dans les Alpes saint-galloises, la Clinique de Valens est à la pointe dans la rééducation et la physiothérapie. Les robots et les écrans pour jouer ont désormais un rôle central dans le protocole de rééducation motrice.

"Un élément central dans la rééducation, c’est la répétition des mouvements" explique Roman Gonzerbach, neurologue à la clinique de Valens. Les jeux stimulent ces mouvements, sans nécessiter la présence d’un "physiothérapeute lui disant ‘vas-y, bouge ton bras!’"

La démarche séduit aussi les patients, à l’image de Jana, qui raconte que quand elle joue, "le temps passe plus vite, on a l’impression d’être là cinq minutes alors qu’il s’est passé une demi-heure".

Ces jeux appliqués à la physiothérapie sont développés par deux sociétés suisses, Hocoma et Mindmaze. Ils devraient vite progresser pour s’adapter encore plus finement aux besoins de la rééducation selon certains thérapeutes, parce que le jeu est un vecteur de guérison.

Marc Gagliardone

Publié le 10 octobre 2017