Modifié le 13 juillet 2017

Un chercheur a réussi à stocker des images dans de l'ADN

Science: stocker ses fichiers dans l'ADN d'êtres vivants
Science: stocker ses fichiers dans l'ADN d'êtres vivants 19h30 / 2 min. / le 12 juillet 2017
Un généticien américain est parvenu à stocker des images dans de l'ADN de bactéries. En théorie, l'ADN pourrait à l'avenir constituer un support de stockage extrêmement stable.

Depuis des milliards d'années, la nature utilise la double hélice d'ADN comme support de l'information du vivant. Cette information est régie par son propre code, basé sur quatre lettres (A, T, G et C) formant une séquence linéaire.

Le généticien américain George Church est parvenu à stocker des images dans de l'ADN de bactéries. La technique d'encodage consiste à traduire la séquence de "0" et de "1" d'un fichier informatique en lettres de l'ADN. Le fichier peut ensuite être récupéré en séquençant l'ADN.

Travail futuriste

La prouesse de George Church a été de transcrire une chronologie d'images sur une population unique de bactéries.

La couleur de chaque pixel a été traduite en un brin d'ADN, puis toutes les séquences de l'image ont été intégrées dans le génome des bactéries. L'ADN a ensuite été extrait, puis séquencé, afin de retrouver l'information de départ.

"Pour le moment, ce travail est très futuriste, il montre l'état de l'art, ce qui peut être réalisé scientifiquement. Et la question de comment ce système ou l'information peut être utilisé n'aura de réponse que dans l'avenir", explique Robert Grass, professeur de chimie à l'EPFZ.

Un outil de stockage dense et stable

"L'ADN a deux énormes avantages pour le stockage d'information: premièrement, la densité de l'information que l'on peut mettre dans l'ADN est bien plus grande que dans un disque dur ou autre outil de stockage. Le deuxième avantage est la stabilité des données dans l'ADN", ajoute Robert Grass.

En théorie, il serait possible d'encoder toutes les données digitales de l'humanité dans environ 100 kilos d'ADN, ce qui représenterait le volume d'un coffre d'une voiture.

L'ADN, qui dans les bonnes conditions peut se conserver pendant des dizaines de milliers d'années, offre en outre une stabilité bien plus importante que les outils de stockage actuels.

Reste que la technique est pour l'instant laborieuse et coûteuse: encoder un megabyte coûte près de 10'000 francs.

Aurélie Coulon / ptur

Publié le 12 juillet 2017 - Modifié le 13 juillet 2017