Modifié le 31 octobre 2016

Les promesses non tenues des cultures d'OGM en Amérique du Nord

Une tige de maïs cultivée dans le Wisconsin, dans le nord-est des Etats-Unis.
Une tige de maïs cultivée dans le Wisconsin, dans le nord-est des Etats-Unis. [Darren Hauck - Reuters]
L'introduction des OGM en Amérique du Nord il y a 20 ans n'a pas entraîné d'augmentation de rendement ou de réduction dans l'utilisation de pesticides, révèle dimanche le New York Times.

D'après cette analyse du quotidien américain, les Etats-Unis et le Canada n'ont pas connu de hausse de rendement plus forte dans l'agriculture que celle de l'Europe de l'Ouest, qui avait dit non aux organismes génétiquement modifiés (OGM) il y a une vingtaine d'années.

Rendement de la culture des graines de colza, en hectogrammes par hectare: comparaison entre l'Europe de l'Ouest (en jaune) et le Canada (en bleu).
Rendement de la culture des graines de colza, en hectogrammes par hectare: comparaison entre l'Europe de l'Ouest (en jaune) et le Canada (en bleu). [DR - New York Times]

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Parallèlement, depuis l'introduction des OGM il y a deux décennies, l'utilisation d'insecticide et fongicide a chuté d'un tiers aux Etats-Unis, mais la pulvérisation d'herbicide a augmenté de 21%, rapporte le New York Times.

Réduction plus importante en France

En comparaison, l'utilisation d'insecticide en France a connu une baisse plus importante, à savoir 65%, tandis que les herbicides sont aussi moins usités, avec une réduction de 36%.

Un résultat prévisible pour certains observateurs, le but de mettre au point une semence résistante aux herbicides étant de "vendre davantage d'herbicide", estime ainsi Joseph Kovach, ancien chercheur à l'Université d'Etat de l'Ohio.

tmun

Publié le 31 octobre 2016 - Modifié le 31 octobre 2016

"Une sélection des données"

Pour son analyse, le New York Times s'est basé sur des données indépendantes, ainsi que des résultats de recherche issus d'universités et de l'industrie. Interrogé sur ces conclusions par le quotidien américain, Monsanto a estimé que le journal a sélectionné ses données pour donner une mauvaise image de l'industrie.

"Alors que l'utilisation globale d'herbicide a peut-être augmenté dans certaines régions où les agriculteurs ont suivi les meilleures pratiques (...), des agriculteurs opérant dans d'autres zones avec d'autres circonstances ont peut-être réduit ou stabilisé leur usage d'herbicide", estime le semencier américain.

Le Burkina Faso tourne le dos aux OGM

Afin de promouvoir sa technologie, l'industrie des OGM met souvent en avant le succès de ces cultures dans les pays au secteur primaire plus fragile, à l'image de certains Etats africains. Ainsi, au Burkina Faso, l'introduction du coton génétiquement modifié a permis d'accroître le rendement, en moyenne de 50%, et de faire baisser l'utilisation de pesticides de 6 à 2 épandages, comme le rappelait Le Monde en février dernier.

Mais ces variétés transgéniques ont donné des fibres de coton plus courtes et de qualité moindre, ce qui a conduit à une baisse de la valeur du produit. A tel point que le pays a décidé de tourner le dos au coton transgénique et réclame désormais à Monsanto 80 millions de francs pour réparation, rapportait la semaine dernière Mediapart.