Modifié le 25 mai 2016

De l'euphorie à la dépression, plus de 100'000 Suisses sont bipolaires

Les troubles bipolaires restent encore largement méconnus du grand public
Les troubles bipolaires restent encore largement méconnus du grand public 19h30 / 4 min. / le 24 mai 2016
Churchill, Hemingway ou encore Catherine Zeta-Jones, les troubles bipolaires touchent 60 millions de personnes dans le monde et 100'000 en Suisse avec des difficultés méconnues. Le 19h30 a recueilli deux témoignages.

La bipolarité, aussi appelée maniaco-dépression, est une alternance de phases basses et dépressives et de phases hautes et euphoriques. Elle est plus ou moins marquée selon les malades et ses symptômes ne sont pas toujours les mêmes.

Cette maladie, qui concerne 2% des Suisses, autant les hommes que les femmes, se déclare souvent jeune, autour de 17-18 ans, mais il faut généralement du temps pour la diagnostiquer, dix ans en moyenne.

"La personne va consulter alors qu'elle est en dépression. Elle ne va pas du tout parler des quelques semaines avant où elle était en super forme et a fait plein de choses. Le soignant peut rater le diagnostic", explique le professeur Jean-Michel Aubry, chef du Département de santé mentale aux HUG, au micro du 19h30.

50% des bipolaires tentent de se suicider

Et le fait qu'il faille du temps pour établir un diagnostic a des conséquences parfois graves: 50% des bipolaires font une tentative de suicide une fois dans leur vie et un bipolaire sur dix va finalement mourir par suicide, souvent des personnes qui ne sont pas traitées. Et huit bipolaires sur dix finissent par divorcer.

Si l'on ne connaît pas encore vraiment les causes de cette maladie, le seul traitement permettant de maîtriser les symptômes est un recours aux médicaments et à la psychothérapie. Mais au final, on ne guérit pas, on vit seulement avec la maladie, avec régulièrement des crises plus ou moins maîtrisées, comme en témoignent les deux malades interrogés par la RTS.

>> Le témoignage de Gilles:

Diagnostiqué bipolaire en 1997 après une tentative de suicide, Gilles est aujourd'hui âgé de 54 ans. Il a appris à connaître sa maladie et fait une crise environ tous les trois ans. Il travaille toutefois à 100% et il est marié et père de trois enfants.

Depuis l'âge de 5 ans, j'ai des fantasmes incroyables, je ne suis pas humain

Gilles, bipolaire

Une fois que l'on part dans la dépression, c'est l'horreur, il n'y a plus rien. Tout ce qui a pu être enrichissant n'a plus de valeur, plus de vie, c'est mort

Gilles, bipolaire

"Je n'ai jamais cru être un humain"
Info - Publié le 24 mai 2016
 

>> Le témoignage de Barbara:

Jeune trentenaire, Barbara a été diagnostiquée bipolaire à l'âge de 26 ans alors qu'elle était déjà suivie depuis 9 ans. Elle a perdu son emploi de bibliothécaire en 2012 à cause de ses longues absences et elle vit avec une rente de l’AI.

Je pensais que le diagnostic était exagéré, que les médicaments me faisaient plus de mal qu'autre chose et je les ai arrêtés

Barbara, bipolaire

Je ressens un bonheur intense, j’ai même l’impression d’être la personne la plus heureuse du monde. Je me dis j’ai tellement de chance. Je trouve que tout est magnifique autour de moi

Barbara, bipolaire
 

"Je dis tout de suite que je suis bipolaire"
Info - Publié le 24 mai 2016

Viviane Gabriel/boi

Publié le 24 mai 2016 - Modifié le 25 mai 2016

Appel au fonds

La Fondation FondaMental Suisse lance mardi à Genève une levée de fonds pour encourager la recherche sur la bipolarité. Le but est de mettre en place une base de données sur les patients et leurs enfants.

A terme, il s'agit également d'en savoir plus sur les mécanismes génétiques qui favoriseraient ou non l'apparition du trouble bipolaire.