Modifié le 25 mars 2016

Voici Syn 3.0, le microbe composé du plus petit génome au monde

Syn 3.0, un microbe synthétique qui ne compte que 437 gènes.
Syn 3.0, un microbe synthétique qui ne compte que 437 gènes. [MARK ELLISMAN/NATIONAL CENTER FOR IMAGING AND MICROSCOPY RESEARCH - DR]
Des chercheurs américains ont créé en laboratoire le plus petit génome viable existant dans la nature, contenant le nombre minimum de gènes indispensables pour qu'un organisme fonctionne et s'auto-reproduise.

Le génome synthétique de ce microbe baptisé Syn 3.0, ne compte que 473 gènes. Par comparaison un être humain en compte environ 20'000, et une fleur japonaise, appelée Paris japonica, qui a le plus grand génome connu, en a cinquante fois plus.

L'équipe qui a réussi cet exploit est dirigée par Craig Venter, le pionnier du séquençage de l'ADN qui a aussi créé le premier organisme contrôlé par un génome synthétique en 2010.

Les chercheurs qui sont parvenus à produire ce génome a minima n'ont pas encore pu déterminer les fonctions de 149 de ces 473 gènes, soit un tiers du total, expliquent-ils dans leurs travaux publiés jeudi dans la revue américaine Science.

Mieux comprendre la vie

La création de cette cellule dotée seulement des gènes indispensables pour que la vie existe dans sa forme la plus élémentaire, pourrait aider à comprendre la fonction de chacun des gènes absolument essentiels pour le vivant.

afp/sbad

Publié le 24 mars 2016 - Modifié le 25 mars 2016

Retirer les gènes un à un pour voir ceux qui sont essentiels

"La meilleure façon de comprendre la vie c'est de créer le génome le plus simple", a expliqué Craig Venter lors d'une conférence de presse téléphonique. "Si on ne comprend pas comment vole un Boeing 777, on retire des pièces une à une jusqu'à ce que l'avion ne puisse plus voler".

C'est ce principe que le scientifique et son équipe, dont notamment Clyde Hutchison, ont utilisé avec le génome d'une bactérie mycoplasma connue pour posséder les plus petits génomes parmi toutes les cellules vivantes capables de s'auto-reproduire.

Ils ont créé des génomes hypothétiques minimalistes dans huit différents segments pour tester et déterminer les gènes essentiels et ceux qui ne le sont pas.