Publié le 22 mars 2016 - Modifié le 23 mars 2016

Les drones perçus comme des caméras de surveillance en Suisse

Cette étude sur l'acceptabilité sociale des drones est inédite au niveau mondial.
Comment la population neuchâteloise perçoit-elle les drones? InterCités / 8 min. / le 23 mars 2016
La population voit d'un bien meilleur oeil l'usage de drones par la police ou l'armée que leur utilisation à des fins commerciales ou récréatives, selon un sondage de l'Université de Neuchâtel.

Rien qu’en Suisse, on estime à environ 22’000 le nombre de drones à usage public ou privé. La prolifération de ces engins volants offre des possibilités accrues de surveillance et de contrôle, suscitant des questions allant du devenir de la sphère privée jusqu’au risque de terrorisme, a indiqué mardi l'Université de Neuchâtel.

"C'est la première fois au niveau mondial qu'une enquête s’intéresse à l'acceptabilité sociale des drones", souligne Francisco Klauser, professeur à l'Institut de géographie.

Un malaise quasi général

De cette enquête ressort une critique très nette des drones commerciaux qui dérangent près de deux personnes sur trois.

"La donne est claire: pour 87% des gens interrogés, les drones sont perçus comme des caméras de surveillance mobiles". Une même majorité revendique le droit d’être informé lorsqu'on est observé. Enfin, 72% des avis récoltés approuveraient leur interdiction à toute observation des espaces publics.

ats/mo

Les drones associés à la sécurité ont meilleure presse

Si l'usage de drones s’inscrit dans une optique de protection de la population, les sondés se montrent plus enclins à les accepter, selon l'étude.

Cette compréhension vis-à-vis des besoins des autorités reste cependant à nuancer, souligne la doctorante Silvana Pedrozo. "Si la moitié des répondants est favorable à l’achat de nouveaux drones par l'armée suisse, le fait qu'ils puissent être armés pose problème pour 60% des personnes interrogées, tout comme la décision de les acheter à Israël".

"Ce dernier point recueille 44% d’avis critiques, contre 28% qui n’y voient aucun inconvénient", ajoute Mme Pedrozo. Le sondage a été mené auprès de 3000 habitants du canton de Neuchâtel. Le questionnaire a été conçu avec l’appui d’étudiants en master de géographie de l’UniNE.