Modifié le 04 décembre 2015

Le prix du billet d'avion prendrait l'ascenseur si le kérosène était taxé

L’aviation est le seul secteur des transports à ne pas payer de taxes sur les carburants.
Pollueur pas payeur On en parle / 17 min. / le 03 décembre 2015
L'aviation est le seul secteur des transports à ne pas payer d'impôt sur les carburants. Or, si le kérosène était taxé, le prix des billets d'avion décollerait. Décryptage.

Alors que la Conférence sur le climat vient de s'ouvrir à Paris, l'émission On en parle est revenue sur une information de la revue Terra Eco, qui encourage ironiquement à prendre l’avion parce que "l'Etat paie l'addition".

Pour un trajet Lille-Marseille avec Ryanair, la consommation atteint 40 litres de kérosène par personne. Si la taxation sur le combustible était appliquée, le prix d'un aller-simple à 29 euros augmenterait de 14 euros.

Différences de taxations

Si l'on intègre dans le prix du billet l'impact du vol sur le climat, autrement dit les émissions de C02 émises lors du trajet, on arrive presque à un doublement du prix du billet sur certaines destinations internationales.

Car il faut savoir que si une taxe carbone existe pour les vols au sein de l'Union européenne depuis 2012, elle n'est pas appliquée pour les trajets qui quittent l'Europe. Et la Convention de Chicago de 1944 de l'Organisation de l'aviation civile internationale permet d'éviter la taxation du kérosène à l'international.

En Suisse, les vols internes sont soumis à une taxe sur le carburant et à la TVA. Mais en direction de l'étranger, on ne paie pas de taxes, précise la co-directrice de l'Association Transports et Environnement, Caroline Beglinger. Vers l'étranger, si toutes les taxes étaient appliquées, un vol Genève-New York coûterait par exemple 300 francs de plus, selon les calculs de l'Association Transports et Environnement.

Julien Schekter, Christophe Canut / cab

Publié le 03 décembre 2015 - Modifié le 04 décembre 2015

Pas de taxes pour protéger les aéroport

L'ancien directeur de l'Office fédéral de l’environnement Philippe Roch estime que la Suisse pourrait taxer les avions qui décollent de son territoire. Mais selon lui, le Conseil fédéral refuse de faire le pas par crainte de pénaliser les aéroports suisses et de voir les compagnies préférer Lyon à Genève par exemple.

Il déplore également la concurrence déloyale que représente ces subventions indirectes face au rail.