Modifié le 07 juin 2013

Dix astuces pour mieux protéger sa vie privée sur Internet

Certaines informations laissées derrière soi sur le Web peuvent empoisonner la vie.
Certaines informations laissées derrière soi sur le Web peuvent empoisonner la vie. [Sophie - ]
Les pratiques d'espionnage des communications par l'Etat américain (PRISM), révélées jeudi, posent une fois de plus la question de la sécurité des données personnelles sur Internet. RTSinfo a recensé dix conseils pour mieux se protéger.

1. Limiter sa présence sur les réseaux sociaux

Le meilleur moyen de ne pas être trahi par ses propres données est sans doute de ne pas les publier. Sur ce point, Me Sébastien Fanti est formel: "les contenus publiés devraient n'être que d'ordre professionnel ou anodin".

"Un commentaire qui n'a l'air de rien sur le cannabis, présent sur Google, peut par exemple compliquer une demande de visa", alerte l'avocat valaisan.

2. Consommer local

Éviter à tout prix les adresses électroniques sur des serveurs américains, ou sur des serveurs situés aux Etats-Unis à l'instar d'un Hotmail ou d'un Gmail.

En optant pour une alternative européenne ou suisse, l'internaute pourra plus facilement et plus rapidement se retourner en cas de violation des données en raison d'une législation plus stricte.

3. Privilégier l'Open Source

De manière générale, il est nettement plus simple de préserver ses données personnelles en employant des logiciels Open Source qui continuent sans cesse à être développés et améliorés, conseille Cédric Jeanneret, membre du parti Pirate Suisse.

"Plutôt que passer par des entreprises tierces (DropBox ou autre), on peut aussi opter pour des alternatives libres telles que OwnCloud ou SeaFile", précise encore l'informaticien.

4. Protéger sa connexion et ses courriels

Il est possible de surfer en toute discrétion grâce à des logiciels comme Tor qui empêchent de remonter jusqu'à l'adresse IP et donc jusqu'à l'auteur.

Autre option: installer des extensions et plugins permettant de le chiffrement des courriels en utilisant GPG/PGP, comme par exemple Enigmail pour Mozilla Thunderbird.

5. Utiliser un pseudonyme

Par principe, Me Sébastien Fanti conseille de donner le moins d'informations possibles dans les formulaires à remplir en ligne. Mettre un faux code postal ou utiliser un pseudonyme permet d'éviter toute exploitation des données à des fins non maîtrisées par leur propriétaire.

La création de plusieurs adresses électroniques, dont certaines qui servent de "poubelles", permet de limiter la publicité et la diffusion de ses informations personnelles.

6. Se méfier des homonymes

Taper son nom régulièrement dans des moteurs de recherche ou installer une alerte Google permet de surveiller son identité numérique et de réagir vite en cas de contenu indésirable.

"Si un criminel porte le même nom que vous et qu'un contenu inadapté soit associé à votre nom, explique Me Sébastien Fanti mieux vaut le savoir et intervenir directement auprès du moteur de recherche concerné pour qu'il retire certaines publications".

7. Toiletter son identité numérique

Afin d'éviter qu'un homonyme ou quelqu'un de mal intentionné n'utilise votre identité, certains recommandent de créer soi-même des comptes à son nom sur les réseaux sociaux, même ceux qu'on n'utilise pas.

On peut en outre contrôler les premières informations qui apparaîtront sur un moteur de recherche en créant son propre site bien référencé ou même en faisant une utilisation "intelligente" de réseaux sociaux comme LinkedIn.

8. Contourner les moteurs de recherche

Beaucoup d'informations transitent par les moteurs de recherche, qui sont de vrais cafteurs. Mais il est possible d'éviter Google, Bing et Yahoo en utilisant https://duckduckgo.com, indique Cédric Jeanneret, du parti Pirate Suisse.

Ce méta-moteur utilise en fond d'autres moteurs mais s'arrange pour ne laisser passer aucun cookie ou autres.

9. S'informer

Avant de s'inscrire sur un réseau social ou d'ouvrir une nouvelle adresse électronique, rien ne vaut la lecture des "conditions d'utilisation", selon Cédric Jeanneret selon lequel cela suffirait bien souvent à dissuader les utilisateurs.

D'autres informations sont disponibles sur la politique de certaines entreprises en matière de vie privée, comme par exemple ce rapport publié par l'Electronic Frontier Foundation fin avril.

10. Surveiller son smartphone

L'utilisateur n'a pas vraiment la main sur son smartphone, mais il peut limiter la casse.

L'application clueful de l'éditeur Bit Defender permet, selon Cédric Jeanneret, d'examiner les applications présentes sur un mobile et alerte sur celles présentant un risque éventuel.

Juliette Galeazzi

Publié le 07 juin 2013 - Modifié le 07 juin 2013

Le programme top secret PRISM

The Guardian et le Washington Post ont révélé jeudi l'existence de PRISM, un programme top secret du renseignement américain (NSA pour National Security Agency).

Selon les deux journaux, la NSA a obtenu l'accès direct aux serveurs des géants américains de l'internet.

Les autorités peuvent ainsi consulter les historiques de recherche, les contenus des courriels, les transferts de dossiers ainsi que les live chats des utilisateurs de ces services.

Des changements de la loi sur la surveillance américaine introduits sous la présidence de George W. Bush et renouvelés par l'administration de Barack Obama en décembre 2012 ont rendu possible la collecte de ces données.