Modifié le 07 février 2013

L'EPFL va développer des technologies pour lutter contre la pauvreté

Klaus Schoenenberger dans un hôpital proche de Yaoundé, au Cameroun. La plupart des appareils médicaux sont inadaptés aux conditions des pays émergents.
Klaus Schoenenberger dans un hôpital proche de Yaoundé, au Cameroun. La plupart des appareils médicaux sont inadaptés aux conditions des pays émergents. [ - DR]
L'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne va s'investir dans les technologies essentielles pour la lutte contre la pauvreté, en lançant un vaste programme de recherche baptisé EssentialTech, annonce la RTS jeudi.

Des innovations développées avec peu de moyens et qui profitent à tous ("More with less for many" - littéralement, "faire plus avec moins, pour le plus grand nombre"): c'est le pari d'un programme que l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) annonce jeudi, selon la RTS. Il s'intitule EssentialTech et vise à développer des technologies primordiales dans la lutte contre la pauvreté, mais pas seulement. La haute école y voit une source d’innovation qui offre également des possibilités insoupçonnées dans les pays industrialisés.

Des cliniques pionnières en Inde

Le premier exemple est celui des cliniques indiennes qui ont mis au point les opérations chirurgicales "à la chaîne". Tout a commencé par la cataracte: un médecin ne fait plus l'acte complet, mais un seul geste avant de passer le patient au médecin suivant. Et les résultats sont là: le prix des opérations est passé de 2000 à 200 dollars. A ce tarif, il peut y avoir également une mutualisation des coûts. Les plus fortunés des patients participent au paiement de l'opération des plus démunis. Et les chirurgiens indiens appliquent maintenant la même idée en cardiologie, avec ce constat: le taux de mortalité postopératoire est inférieur à ce qui est enregistré dans les meilleurs hôpitaux américains.

Global DiagnostiX, la radiologie simple et bon marché

Un autre exemple est le Global DiagnostiX. C'est le premier projet EssentialTech de l'EPFL: deux-tiers de l'humanité n'ont pas accès à la radiologie. La majorité des appareils achetés ou donnés dans les pays en développement ne sont pas adaptés. Global DiagnostiX est donc un appareil d'imagerie médicale digitale pour la radiographie et l'échographie, mais plus simple et moins cher que les appareils actuels - moins de 50'000 francs sur dix ans d'utilisation, au lieu d'un demi-million.

L’EPFL a déjà investi beaucoup de ressources pour lancer ce programme, avec une équipe de trois personnes aux compétences variées (business, recherche et développement, marketing) et la création d’un nouveau laboratoire conjoint au Cameroun entre EPFL et université locale.

EssentialTech doit maintenant chercher des sponsors.

Pierre Crevoisier/oang

Publié le 07 février 2013 - Modifié le 07 février 2013

Les projets en vue

L'EPFL a pour l'heure quatre projets en vue avec la philosophie EssentialTech:

- Le système d’imagerie médicale Global Diagnostix
- Un incubateur pour nouveau-né
- Un système qui assure une énergie électrique stable dans les hôpitaux
- Un kit de stérilisation d’eau potable pour hôpital

La haute école envisage ultérieurement des projets de plus grande envergure dans huit domaines technologiques essentiels prioritaires, parmi lesquels des technologies liées à l’eau potable, à l’alimentation énergétique, à la nutrition ou aux TIC.

Les "technologies essentielles"

Les "technologies essentielles" sont des technologies robustes, bon marché, adaptées au contexte des pays pauvres. Aujourd'hui, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 70% des appareils médicaux achetés par les pays en voie développement, ou résultant de dons, ne seront jamais fonctionnels faute de connaissances pour l’installation, par manque d’un câble électrique compatible ou encore en l’absence d’un personnel qualifié.

Mais il faut proposer non seulement un produit, mais aussi des solutions pour déployer la technologie: modèles d’affaires, partenariats industriels, entreprenariat.