La France interdira le maïs OGM de Monsanto si les risques sont confirmés
Si l'étude mettant en cause le maïs génétiquement modifié NK603 était validée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), la France demandera "l'arrêt des importations de ce type de produit", a affirmé jeudi matin le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll.
"J'espère que cela va aller le plus vite possible parce que si cette étude est confirmée, il y a là matière à prendre des décisions politiques de première importance, en particulier à l'échelle européenne", a-t-il déclaré sur Canal+. Lire: Une étude choc relance le débat sur la toxicité des OGM
Tumeurs chez des rats
L'étude, menée par des chercheurs de l'université de Caen pendant deux ans, a consisté à faire manger à des rats ce maïs transgénique, agrémenté ou non de Roundup, l'herbicide le plus utilisé au monde. L'expérience révèle entre autres que les rats nourris au maïs OGM NK603, avec ou sans Roundup, deux produits Monsanto, déclenchent au moins deux fois plus de tumeurs et meurent plus rapidement que les rats nourris au maïs classique.
"Aujourd'hui, cette étude, c'est quelque chose de totalement nouveau en termes de conséquences toxicologiques sur la santé", a ajouté le ministre. "Si cette étude est validée, nous demanderons l'arrêt des importations de ce type de produit". Certaines chercheurs relativisent toutefois la portée de l'étude.
Procédure en cours
Dans un communiqué diffusé mercredi, les ministres Marisol Touraine (Affaires Sociales), Delphine Batho (Ecologie) et Stéphane Le Foll ont annoncé la saisine de l'ANSES. Ils ont également précisé que les conclusions de l'étude caennaise du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) seront transmises à l'Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA).
"En fonction de l'avis de l'ANSES, le gouvernement demandera aux autorités européennes de prendre toutes les mesures nécessaires en termes de protection de la santé humaine et animale", ont assuré Marisol Touraine, Delphine Batho et Stéphane Le Foll.
sipa/cab
Les grandes lignes de l'étude
"Les résultats révèlent des mortalités bien plus rapides et plus fortes au cours de la consommation de chacun des deux produits" (OGM et Roundup), résume le chercheur, qui fait ou a fait partie de commissions officielles sur les OGM dans 30 pays.
Dans les trois groupes de l'échantillon, les universitaires ont observé par exemple une mortalité deux à trois fois plus élevée chez les rats femelles et deux à trois fois plus de tumeurs chez les rats des deux sexes. "A la dose la plus faible de Roundup (...) on observe 2,5 fois plus de tumeurs mammaires", souligne le professeur.
"Le crime, c'est que ça n'ait pas été testé avant, que les autorités sanitaires n'aient pas exigé des tests plus longs alors qu'on est à 15 ans de commercialisation des OGM dans le monde", a commenté Gilles-Eric Séralini. Selon lui, le NK603 n'avait jusqu'alors été testé que sur une période de trois mois et c'est la première fois que le Roundup est testé sur le long terme avec ses adjuvants.