Publié le 24 novembre 2010

Niveaux records des gaz à effet de serre

La Suisse n'a pas réussi à réduire suffisamment ses émissions de CO2.
Les gaz à effet de serre ont poursuivi leur inquiétante progression, selon l'Organisation météorologique mondiale. [Arnd Wiegmann - Reuters]
Les gaz à effet de serre ont atteint des niveaux records dans l'atmosphère, selon l'Organisation météorologique mondiale. La hausse des teneurs en CO2, méthane et oxyde nitreux a été de 1% entre 2008 et 2009. Cette augmentation est de 27,5% depuis 1990.

"Les concentrations de gaz à effet de serre ont atteint des niveaux records malgré le ralentissement de l'activité économique", a déclaré mercredi le secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) Michel Jarraud.

Pour le dioxyde de carbone (CO2), qui représente près des deux tiers des gaz à effet de serre, la concentration s'est accrue de 1,88% par an en moyenne ces dix dernières années. Depuis 1750, le CO2 atmosphérique a augmenté de 38%. Cette hausse a été principalement provoquée par les émissions dues à la combustion des matières fossiles (pétrole), au déboisement et aux changements d'affectation des terres, a précisé l'OMM.

Hausse malgré la récession économique

La récession économique n'a pas eu d'impact notable, car même un arrêt total des émissions de CO2 ne se traduirait par une baisse des concentrations dans l'atmosphère que dans 50 ans, a expliqué le directeur du département de la recherche à l'OMM Len Barrie.

L'agence de l'ONU ajoute que "les rejets possibles de méthane à partir du pergélisol de l'hémisphère Nord et des zones humides sous l'effet du changement climatique sont extrêmement préoccupants". Depuis 1750, la teneur en méthane dans l'atmosphère a augmenté de 158%.

La hausse des concentrations de méthane (un peu plus de 18% des gaz à effet de serre) est surtout le fait de l'accroissement des émissions dues à des activités humaines telles que l'élevage de bovins, la riziculture, l'exploitation des combustibles fossiles et la mise en décharge des déchets, a affirmé l'OMM. Environ 60% des émissions de méthane sont d'origine humaine, les 40% restants étant d'origine naturelle.

La fonte des glaces inquiète

Les experts de l'OMM sont particulièrement préoccupés par l'impact de la fonte des glaces dans la zone arctique, provoquée par le réchauffement climatique. Dans l'hémisphère nord, le pergélisol renferme de grands réservoirs de carbone organique et de clathrates de méthane (variété de glace qui contient beaucoup de méthane dans sa structure).

Un réchauffement rapide et la fonte du pergélisol pourraient donc avoir pour effet de libérer de grandes quantités de méthane dans l'atmosphère, ce qui contribuerait à accélérer le réchauffement, a averti l'OMM.

Les concentrations d'oxyde nitreux (6,2% des gaz à effet de serre) sont en outre en progression de 19% par rapport au niveau de l'ère préindustrielle. D'autres gaz tels que les hydrocarbures halogénés (12% du total) augmentent rapidement.

Les hydrochlorofluorocarbures (HCFC) et les hydrofluorocarbones (HFC), utilisés comme substituts des chlorofluorocarbones (CFC), utilisés autrefois comme réfrigérants et interdits par le protocole de Montréal, sont des gaz à effet de serre très puissants. Leur durée de vie dans l'atmosphère est supérieure à celle du CO2, a prévenu l'OMM dans son rapport annuel, basé sur un réseau de stations réparties dans plus de 50 pays.

ats/hof