Première cellule au génome de synthèse créée
28.06.2010 13:56"Il s'agit de la création de la première cellule vivante
synthétique, au sens où celle-ci est entièrement dérivée d'un
chromosome synthétique", explique Craig Venter, créateur de
l'Institut du même nom et co-auteur du premier séquençage du génome
humain dévoilé en 2000.
"Ce chromosome -- élément porteur de l'information génétique
contenant un groupe de gènes de l'organisme, ndlr (voir le dossier sur le génome de tsrdécouverte
)- a été
produit à partir de quatre flacons de substances chimiques et d'un
synthétiseur, et tout a commencé avec des informations dans un
ordinateur", poursuit-il, qualifiant ce succès "d'étape importante
scientifiquement et philosophiquement".
Cette percée "change ma vision de la définition de la vie et de
son fonctionnement", ajoute ce chercheur, un des co-auteurs de ces
travaux parus dans la revue américaine "Science"
datée du 21 mai.
Nombreuses applications possibles
"Cette approche est en effet un très puissant instrument pour
tenter de concevoir ce que nous attendons de la biologie et nous
pensons ainsi à une gamme étendue d'applications",
précise-t-il.
Craig Venter avait annoncé en 2008 être parvenu avec son équipe à
fabriquer un génome bactérien 100% synthétique en collant des
séquences d'ADN synthétisées bout à bout afin de reconstituer le
génome complet de la bactérie Mycoplasmes genitalium.
Ce génome avait ensuite été transplanté dans une autre bactérie,
mais sans que celle-ci ne puisse fonctionner. Pour créer une
cellule contrôlée par un génome synthétique, les chercheurs ont
repris ces deux techniques élaborées en 2008.
Copie d'un génome existant
Le génome qu'ils ont fabriqué est la copie d'un génome existant,
celui de la bactérie mycoplasme mycoïde, mais avec des séquences
d'ADN supplémentaires pour l'en distinguer.
Ils ont ensuite transplanté ce génome synthétique dans une autre
bactérie, appelée microplasme capricolum, réussissant à "activer"
les cellules de cette dernière.
Malgré le fait que quatorze gènes aient été effacés dans la
bactérie receveuse du génome synthétique, celle-ci ressemblait bien
à une bactérie microplasme capricolum dont les gènes ne
produisaient que ses protéines, précisent les auteurs de ces
travaux.
afp/cht