Le coût exorbitant des maux de dos pour l'économie
28.06.2010 13:56L'équation "travailleurs en bonne santé = économie saine" résume
à elle seule le rapport "Fit for Work - Les troubles musculo-
squelettiques et le marché du travail" présenté mercredi devant la
presse à Berne. Il vise principalement le maintien du travailleur à
son poste malgré la maladie.
En période d'instabilité économique, la capacité de travailler
prend d'autant plus d'importance que les dépenses publiques sont
mises sous pression, a expliqué Brigitta Danuser, directrice de
l'institut universitaire romand de la Santé au travail à
Lausanne.
Neuf jours de maladie par an en moyenne
Pour maintenir le plus possible "l'employabilité" des personnes
atteintes de pathologies telles que les douleurs aux membres, au
dos, à la nuque ou les maladie rhumatismales, la nouvelle
association "fitforwork-swiss", littéralement "en forme pour
travailler", a été mise sur pied. Elle regroupe des médecins du
travail, des représentants d'organisations de patients et du
Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO).
Selon le rapport, la santé de la main-d'oeuvre suisse est très
préoccupante. Les employés sont en arrêt de travail en moyenne neuf
jours par an.
Quelque 44% de toutes les absences (26% pour l'absentéisme
dépassant trois semaines) sont attribuées aux troubles
musculo-squelettiques (TMS) épisodiques ou chroniques. Coûts pour
l'économie helvétique: 3,3 milliards de francs en perte de
productivité et 900 millions pour les absences.
Près de 670'000 employés souffrent en partie de maux de dos liés à
leur travail, soit 18% de la population active suisse. Environ 13%
exerçant une activité professionnelle font état de douleurs
musculaires dans la nuque, les épaules et autres membres.
Les hommes plus touchés
En moyenne, les TMS touchent 24% des hommes actifs et 16% des
employées. Enfin, 50'000 à 70'000 personnes souffrent de
polyarthrite rhumatoïde engendrant des coûts de santé
importants.
Face à la souffrance et à la diminution de la qualité de vie dues
aux TMS, les responsables politiques, des systèmes de santé et
d'aide sociale, employeurs et employés eux-mêmes doivent faire
plus, a estimé Stephen Bevan, directeur de The Work Foundation à
Londres. "Rien que dans l'union européenne (UE), 100 millions de
personnes en âge de travailler sont atteintes de TMS."
ats/ant