Téléchargements illégaux: "espions" illicites
28.06.2010 14:04Pour lutter contre le téléchargement illégal de fichiers vidéo
ou musicaux sur les réseaux poste à poste (peer to peer),
l'industrie des médias a chargé l'entreprise Logistep de traquer
les violations du droit d'auteur sur ces sites d'échanges. Or, les
pratiques de cette société suisse constituent un abus de droit,
selon le préposé.
Pour ce faire, Logistep utilise un logiciel qui collecte
secrètement les adresses numériques (adresses IP) des ordinateurs
connectés au réseau. Elle les transmet ensuite aux titulaires des
droits des oeuvres piratées, tant en Suisse qu'à l'étranger.
Les adresses IP collectées permettent d'identifier la personne à
qui l'adresse était attribuée à un moment donné. Mais ce n'est que
dans le cadre d'une enquête pénale que les autorités d'instruction
peuvent obtenir l'identité de ce qui a un accès à Internet.
Procédure complexe
Les détenteurs des droits d'auteurs déposent donc plainte pénale
contre inconnu sur la base des données collectées par l'entreprise
suisse. Puis ils demandent au détenteur de l'adresse IP des
dommages-intérêts, dans le cadre d'une procédure civile, avant même
la conclusion de la procédure pénale et qu'une infraction ait été
établie.
De ce fait, ils contournent la voie judiciaire prévue, la levée du
secret de télécommunications n'étant pas possible dans le cadre
d'une procédure civile, estime le Préposé. Une base légale spéciale
serait nécessaire.
Logistep est donc appelée à ne plus traiter les données
personnelles. Elle a 30 jours pour répondre au Préposé. Si elle
rejette les recommandations, ce dernier pourra porter l'affaire
devant le Tribunal administratif fédéral.
ats/nr