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    • > Les petits pas de géant des logiciels libres
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    Les petits pas de géant des logiciels libres

    28.06.2010 14:03
    Une très grande partie des serveurs tournent sous Linux. [Keystone]
    Une très grande partie des serveurs tournent sous Linux. [Keystone]
    Le petit univers des adeptes du logiciel libre s'est réuni cette semaine à Genève. Les Linuxdays s'achevaient vendredi, l'occasion de faire le point sur l'utilisation des logiciels libres en Suisse romande.

    A les entendre, la Suisse serait tour à tour, "le pays pauvre du logiciel libre" ou "véritable pionnier en la matière". Si les discours divergent tant, c'est aussi qu'il est difficile d'avoir une vision d'ensemble. Si Linux n'est pas aussi répandu qu'on ne pourrait le souhaiter, il existe en Suisse des projets pilotes intéressants tels que l'e-voting.

    Open source ne veut pas dire gratuit

    Sous l'appellation étriquée de «logiciel libre» se dessine toute une organisation, voire même une philosophie : les logiciels sont développés avec un langage ouvert et les codes sources sont publiés librement. Cela permet à toute autre personne d'intervenir dans ce code pour l'améliorer ou le modifier pour une utilisation différente, à condition de mettre ses découvertes à la disposition de tous.



    Ces logiciels sont distribués sans paiement de licence. Ce qui ne veut pas dire cependant qu'on ne puisse pas les vendre. Il existe quantité de sociétés informatique qui proposent des solutions autour de ces logiciels libres.

    En Suisse, pas assez

    Quel est l'état des avancées des logiciels libres en Suisse? "La Suisse est le pays pauvre du logiciel libre" selon Myriam Schweingruber, porte-parole de Guillaume Tux, une association qui regroupe des défenseurs de Linux et qui s'occupe de l'information politique sur la question.



    "Les exemples d'application des logiciels libres dans l'administration restent trop rares. Quant à connaître ses applications dans le domaine des entreprises, c'est extrêmement difficile de se faire une idée claire."



    "Ce manque de lisibilité est aussi dû à la structure très parcellisée de l'administration en Suisse. A noter que les principaux obstacles au passage à des solutions non propriétaires viennent des administrateurs eux-mêmes, qui ont été formés sur Microsoft et qui ne souhaitent pas passer à un autre système."



    "Pour ne donner qu'un exemple, en Allemagne, toute la ville de Munich passe sous Linux et le Bundestag a banni les logiciels de Microsoft, véritables "nids à virus", ajoute-t-elle.

    Exemple d'application : l'e-voting

    Genève s'est lancé, voilà six ans dans le développement d'une solution permettant le vote par internet. Un projet pilote unique au monde soutenu par la Confédération dans lequel participent aussi Neuchâtel et Zurich.



    "Il n'existe aucune solution clé en main dans le domaine de l'e-voting", affirme Michel Warynski, directeur des Systèmes d'information de la Chancellerie. A Genève, l'Etat est propriétaire de l'application de vote en ligne. Elle a été développée en collaboration entre le Centre des technologies de l'information de l'Etat de Genève (CTI) et deux entreprises installées à Genève, Hewlett Packard (HP) et Wisekey.



    «Nous privilégions les standards ouverts connus de tous et qui permettent l'interopérabilité des systèmes. Nous avons pris ce que nous avions à disposition il y a six ans et on a choisi les différents composants de ce qu'on maîtrisait le mieux. Les nécessités de sécurités liées au vote sur internet nous ont obligé à choisir une solution qui ne soit pas propriétaire», explique Michel Warynski Une solution qui permet aussi à l'administration de maîtriser ses systèmes. Un projet qui s'est déjà concrétisé en partie puisque le premier vote fédéral par Internet a eu lieu en septembre 2004 dans les communes genevoises d'Anières, de Carouge, de Cologny et de Meyrin.



    Le système d'e-voting pourrait être mise à disposition des autres cantons. C'était d'ailleurs une des conditions du financement de la Confédération.

    La défense mise sur la sécurité open-source

    Pour l'échange des documents électroniques, le Département fédéral de la défense a choisi un produit open-source. La sécurité peut de ce fait être entièrement vérifiée. Cette infrastructure à clé publique (PKI) présente l'avantage de pouvoir être modifiée et adaptée à toutes les application qui utilisent des certificats pour sécuriser l'information.



    Le principal reproche essuyé par les systèmes propriétaires, parmi lesquels figure Microsoft, concerne souvent l'impossibilité d'aller corriger les failles dans la sécurité. Les partisans du logiciel libre en font d'ailleurs leur cheval de bataille : un code ouvert permet que l'on intervienne en interne directement sur les trous les plus récurrents, sans attendre les mises à jour d'un intervenant externe.

    Les nouveaux cybercitoyens vaudois

    C'est avec beaucoup de satisfaction que François Marthaler, le chef du Département des infrastructures, supporter de longue date des logiciels libres, inaugurait en avril dernier, le guichet virtuel de l'état civil.



    «Si l'outil a été développé vite, à faibles coûts, c'est grâce au recours aux logiciels libres, vieille préoccupation de François Marthaler du temps où il était député. Les avantages sont financiers (puisque les logiciels sont libres de droit) et techniques, les échanges entre utilisateurs favorisant la souplesse».



    Les avancées peut-être timides des logiciels libres touchent de plus en plus des postes importants, tels que l'exercice de ses droits civiques. La communauté européenne préconise le passage à ce type de solution: de là à dire que le logiciel libre est en passe de devenir le standard européen, il n'y a qu'un pas: un petit pas de géant.



    Sarah Chevalier, tsrinfo



    A noter: dimanche 14 mai, la fête du logiciel libre à Genève. Toutes les infos sur le lien.

    Genève bientôt sur Linux?

    En 2004, l'Etat de Genève avait décide qu'il veut être libéré des solutions propriétaires à l'horizon 2009.

    La promotion des standards libres est largement encouragée en interne, ce qui incite le département de l'information dans sa totalité à prendre en compte les logiciels libres.

    «Une administration se doit de montrer son indépendance, tout en tenant compte des réalités», insiste Jean-Marie Leclerc, directeur du centre des technologies et de l'information.

    Linux, Apache et MySQL

    L'Open Source Software, qui trouve ses origines dans les années 70, a connu un développement en faisant un phénomène qu'on ne peut plus ignorer dans le paysage informatique actuel.

    L'Open Source Software doit être compris en tant que logiciel qui peut être transmis sans frais et, dans une large mesure, sans restrictions juridiques – un logiciel dont le code source est librement accessible et dont le contenu peut, en tout ou partie, être modifié ou étendu sans limite.

    Divers "modèles de licence" ont vu le jour dans le cadre de cette définition, lesquels se différencient selon le degré de liberté qu'ils offrent.

    Souvent, l'Open Source est assimilé à Linux, un système d'exploitation dans l'environnement Unix, mais ce rapprochement serait trop simple.
    Les composants de l'Open Source trouvent leur utilisation sur l'ensemble du spectre de la technologie informatique moderne, que ce soit en tant que systèmes d'exploitation sur des applications client-serveur, comme systèmes de bases de données, comme moniteurs de transactions, comme structures de portails ou encore comme applications de Content Management.

    Les représentants les plus connus, à part Linux, sont par exemple le serveur Web Apache ou la base de données MySQL.

    archives

    en lien avec ce sujet

    • La fête du logiciel libre

    • Le site de Guillaume Tux

    • Equilibres informéthiques: migration sur logiciels libres

    • Le site de la Free Software Foundation Europe

    • Le site de ch/open, l'organisation des entreprises suisses qui font du Libre

    • L'agenda du Libre

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