Le difficile métier de conseiller d'Etat
02.02.2012 10:00Les conseillers d'Etat ne font plus rêver
Pas facile, l'exercice du pouvoir au niveau cantonal. Il faut être motivé ou doté d'un trait de caractère bien particulier pour se draper dans le costume de ministre cantonal. Le Temps décortique ce métier ingrat à la lumière des cas Mark Muller à Genève, cloué au pilori à la défaveur d'une nuit trop agitée, Jean Studer et Gisèle Ory à Neuchâtel dont le désamour plombe le collège gouvernemental. Voilà des hommes et des femmes sommés de s'expliquer sur leurs faits et gestes, dépossédés de leurs prérogatives par une Berne fédérale ou désormais tout se joue. Bref, note le Temps, le job ne fait plus rêver. A droite en particulier, la relève est loin d'être pléthorique. Explication économique: à salaire égal autant le faire dans le privé sans se faire engueuler, résume le Genevois Pierre-François Unger. Explication politique de l'UDC Guy Parmelin: à droite, surtout chez les radicaux, on s'est longtemps reposé sur des personnalités en vue et sur une sorte de rente de situation. Et enfin un constat: une baisse du niveau général de ceux qui occupent la fonction. La faute aux partis pour le politologue Francois Cherix. Ils s'organisent au niveau fédéral, du coup la vie des partis cantonaux est pauvre et précaire. Et comme ce sont eux qui forment le personnel politique, la qualité des élus s'en ressent.
Presse vivante en Suisse romande
La presse vit en Suisse romande. Pour preuve, la présentation hier sur la TSR du site d'information lesobservateurs.ch placé sous la férule du chroniqueur et essayiste Uli Windisch. Un site romand pour les opinions de droite qui veut, "lutter contre la bien-pensance de gauche et le politiquement correct". Dans un autre esprit, le satirique Vigoussse tient le coup maintenant depuis deux ans. Vigousse, qui voue évidemment une grande admiration au Canard Enchaîné et s'attelle chaque vendredi à dénoncer les travers des puissants.
L'arme de la satire
La satire vue comme arme contre le régime de Bachar al-Assad. Des marionnettes en lieu et place de la Kalachnikov. Des chansons plutôt que des grenades. La colère contre le dictateur libère le potentiel créatif des Syriens. Voilà ce qu'écrit la Neue Zürcher Zeitung qui n'est pas à proprement parler un journal satirique. La NZZ consacre une article à cette forme de contestation qui fait très mal au régime. Les hommes de Bachar al-Assad mettent beaucoup d'énergie à faire taire ces artistes. Des ennemis à abattre, comme le collectif Masasit Mati. Ils ont créé un spectacle de marionnettes. Avec un dictateur nommé Bischu, une rose de Damas, un opposant pacifiste et un méchant militaire. La série s'appelle Top Goon, le journal d'un petit dictateur. A voir sur Youtube. Et ce collectif fait école: "avant il était interdit de penser, aujourd'hui tout le monde essaie de trouver des moyens créatifs pour affirmer son opinion", résume un metteur en scène de Homs, interrogé par le journal zurichois.
Bayrou intéresse... outre-Sarine
La presse alémanique s'intéresse à François Bayrou. Plusieurs portraits à lire dans les journaux helvétiques de langue allemande. Et sous la plume de nos confrères de la NZZ, Bayrou est un homme politique plutôt sympathique. Vu de Zurich, il est le centriste qui s'oppose aux deux coqs, grands rhétoriciens, que sont Sarkozy et Hollande. Bayrou, pour nos confrères, c'est un contraste agréable. Son slogan "réalisme et vérité" sonne un peu prétentieux, mais il peut s'appuyer sur ses 18% de la présidentielle d'il y a 5 ans. Bayrou avec son positionnement au centre, ni de gauche ni de droite, reste un outsider. A défaut de popularité, il fait dans la sincérité, écrit en substance notre confrère. Pour Hollande et Sarkozy, Bayrou, c'est avant tout une question: vers qui vont aller les voix qu'il aura obtenu lors du premier tour?
pym, avec Stéphane Deleury et Jean-François Moulin (RSR)