Modifié le 17 avril 2018

Les Verts vaudois dénoncent la "javellisation" des aliments invendus

Les Verts vaudois ont déposé un postulat pour lutter contre le gaspillage alimentaire.
Les Verts vaudois veulent lutter contre le gaspillage alimentaire dans les grandes surfaces La Matinale / 2 min. / le 17 avril 2018
Les initiatives pour lutter contre le gaspillage alimentaire se multiplient. Dans le canton de Vaud, les Verts demandent au Conseil d'Etat d'interdire aux grandes surfaces de rendre les aliments invendus impropres à la consommation.

"Composter au lieu de javelliser": les Verts ont choisi un titre choc pour leur postulat, qui sera discuté mardi au Grand Conseil vaudois. Selon eux, les grandes surfaces verseraient de l'eau de Javel sur les aliments invendus pour les rendre immangeables. Les écologistes ne communiquent pas le nom des distributeurs potentiellement concernés.

Du côté de Migros, on dément formellement cette pratique. "On colporte ici des rumeurs, une légende urbaine. Ca n'existe pas chez nous. C'est complètement absurde", affirme Tristan Cerf, porte-parole pour la Suisse romande. Le groupe Coop dément lui aussi. Et les chimistes cantonaux contactés par la RTS n'ont pas connaissance d'une telle pratique.

Demande de mesures concrètes

Reste que la javellisation des aliments n'est pas interdite en Suisse. Les Verts veulent donc inscrire dans la loi l'interdiction de détruire les invendus ou de les rendre immangeables. Il faut aussi imposer d'autres mesures concrètes pour lutter contre le gaspillage alimentaire, explique l'écologiste Nathalie Jaccard, auteure du postulat.

"Il faudrait inciter à la généralisation des bonnes pratiques existantes, en mettant en place un réseau de tri et redistribution de la nourriture consommable auprès des associations", indique cette députée au Grand Conseil vaudois. "Il faudrait aussi assouplir les normes cantonales pour le recyclage en faveur de l'alimentation animale, le compostage ou la méthanisation", ajoute-t-elle.

Aider les démunis

L'élimination des déchets coûte 10 millions de francs par an aux distributeurs et plus d'un demi-milliard de francs si on ajoute le coût des marchandises, selon l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). Les invendus finissent principalement en biogaz.

Seuls 5% sont redistribués à des oeuvres d'entraide pour nourrir les démunis, note encore l'OFEV. Pour la Fédération romande des consommateurs, ce n'est clairement pas assez. Elle invite les distributeurs à modifier leurs pratiques.

Martine Clerc

Publié le 17 avril 2018 - Modifié le 17 avril 2018