Modifié le 15 mars 2016

Les données de 70% des Vaudois transmises à des fins publicitaires

La carte interactive permet de savoir si sa commune transfert ou non des données.
Les données de 70% des Vaudois sont transmises par leur communes à des fins de publicité ciblée On en parle / 21 min. / le 14 mars 2016
Les données personnelles de deux Vaudois sur trois sont transmises par leur commune de résidence à des fins de publicité ciblée via la fondation BVA à Lausanne, révèle lundi l'émission On en parle.

Le nom, l'adresse, la date de naissance, l'état civil, ces données très prisées des publicitaires permettent d'effectuer des envois ciblés. Les communes vaudoises, sous certaines conditions, sont libres de communiquer ou de vendre des informations sur leurs habitants à la fondation BVA (Bureau Vaudois des Adresses), qui réalise des envois publicitaires ciblés à la population pour le compte de sociétés.

Sur les 228 communes qui ont répondu à l'émission "On en parle", 131 (57,5%) déclarent transmettre les données de leurs citoyens au BVA, ce qui représente plus de 70% de la population du canton. A noter que 90 communes (28%) n'ont pas répondu.

Quelle est la pratique de votre commune? La réponse sur notre carte:

 

(En rouge les communes qui transmettent les données, en vert celles qui ne les transmettent pas et en orange celles qui n'ont pas répondu).

Droit de s'opposer à cette pratique

Près de la moitié des Vaudois ne sont pas informés qu'ils peuvent s'opposer à cette pratique. Pourtant, une directive de 2007 demande spécifiquement aux communes d'avertir les nouveaux arrivants.

Parmi les 131 communes qui transmettent les données au BVA, 64 (49%) n'avertissent pas leurs citoyens du transfert, ni qu'ils ont le droit de demander que leurs informations ne soient pas communiquées à la fondation.

"On est sur un cas un peu limite", réagit la préposée vaudoise à la protection des données Mélanie Buard. "Ces dernières années, on a plutôt travaillé sur l'information à donner aux citoyens. Elle n'est pas satisfaisante à l'heure actuelle et il va falloir faire en sorte que ce soit fait de manière systématique pour les communes qui transmettent les données au BVA".

Sacha Horovitz, Bastien Von Wyss, Julien Schekter/vtom

Publié le 14 mars 2016 - Modifié le 15 mars 2016

Données vendues pour un panier garni?

Parmi les 228 communes qui ont répondu à l'enquête, seules 17 municipalités facturent un émolument pour communiquer les informations.

En revanche, les administrations communales qui fournissent gratuitement les données des habitants au BVA peuvent recevoir un petit bonus. En fin d'année, le BVA procède à un tirage au sort pour offrir deux paniers garnis aux employés communaux.

Des données que les communes ne sont pas censées avoir

Au cours de son enquête, "On en parle" a découvert que certaines communes enregistrent la profession de leurs habitants, alors que ce n'est pas légal.

De plus, elles transmettent ensuite cette profession au BVA qui n'a pas le droit d'exploiter cette donnée mais qui l'enregistre quand même.