La ville de Lausanne durcit son règlement sur la mendicité
Lausanne durcit le ton face aux mendiants. Plutôt qu'une interdiction totale, le Conseil communal a voté mardi soir un compromis élaboré par la municipalité. L'initiative libérale-radicale demandant l'interdiction de la mendicité par métier devrait être retirée.
La Municipalité a cherché un "équilibre" entre une interdiction totale et un laisser-aller, a expliqué le municipal Grégoire Junod. La mendicité n'est pas en soi condamnable mais elle ne peut pas être affranchie de toute règle.
Le contre-projet de la municipalité est une réponse à l'initiative lancée par les libéraux-radicaux et qui a recueilli près de 10'000 signatures. Il durcit l'actuel règlement de police et interdit aux mendiants de prendre à partie les passants, de les harceler et de tendre la main en compagnie de mineurs. Satisfait de la solution trouvée, le PLR a d'ailleurs retiré son texte mercredi.
Six heures de débat
Le contre-projet a été approuvé par une large majorité du PS, une partie des Verts et par le PLR. Après près de six heures de débat, il a été voté par 51 voix contre 29 et 4 abstentions en vote final.
Le débat a donné lieu à de vifs escarmouches, La Gauche dénonçant les "contorsions" de la majorité rose-verte. "On s'attaque à des personnes qui sont dans une extrême précarité et n'ont pas d'autre moyen que de mendier", a déclaré Pierre-Yves Oppikofer (La Gauche).
Grégoire Junod a expliqué que la mendicité avait évolué ces dernières années. Il existe des réseaux organisés, même si ce n'est pas une généralité. "Il s'agit d'une activité dégradante qui conduit souvent à des situations d'exploitation de la misère, à des phénomènes de traite et d'usure", a aussi ajouté le municipal de police.
ats/lgr