Un policier lausannois en procès pour avoir giflé un prévenu
Comme la loi le lui impose, le commandant de la police municipale de Lausanne Pierre-Alain Raemy a averti le Ministère public de l'abus d'autorité du policier de 33 ans. Après avoir consulté la vidéo, il a considéré qu'il existait "un doute suffisant" sur l'illicéité du comportement adopté par le policier.
Lors du procès, qui s'est ouvert lundi, la Cour devra juger de la proportionnalité du geste de l'accusé, en relation avec la formation qui lui a été dispensée et avec les circonstances exactes de l'incident.
Une gifle sur le front
Le 30 octobre 2011, peu avant son entrée en service au sein de sa section de police-secours, l'agent a constaté sur des images de vidéosurveillance des cellules de maintien qu'un prévenu se comportait de manière très agitée.
L'homme hurlait et s'est jeté à plusieurs reprises la tête contre les murs de la pièce. L'agent a pris l'initiative de se rendre avec un collègue auprès du prévenu pour tenter de le calmer.
Dès qu'il a ouvert la porte de la cellule, l'homme s'est approché de lui. Se sentant menacé d'une attaque imminente, le policier lui a asséné une gifle sur le front, puis l'a repoussé par le haut du torse pour le faire asseoir sur le banc situé au fond du box.
L'agent s'attendait à un coup de pied
À l'audience, le policier a expliqué qu'il s'attendait à recevoir un coup de pied de la part du prévenu, "parce qu'il croisait les bras et s'est contracté musculairement", donnant l'impression d'une "prise d'élan".
Il a expliqué s'être rendu auprès de l'homme "pour discuter avec lui", et pour éviter qu'il ne se blesse en se frappant la tête contre les murs.
ats/aduc