Modifié le 12 juillet 2018

Céline Vara: "J'ai la hargne pour aller défendre le canton de Neuchâtel à Berne"

L'invitée de Pietro Bugnon (vidéo) - Céline Vara, vice-présidente des Verts suisses
L'invitée de Pietro Bugnon (vidéo) - Céline Vara, vice-présidente des Verts suisses L'invité de la rédaction / 13 min. / le 12 juillet 2018
Considérée comme l'étoile montante des Verts, la Neuchâteloise Céline Vara vise le siège du POP Denis de la Reussille au Conseil national en 2019. Attaqué sur son bilan, ce dernier s'est dit "déçu", et a appelé à davantage de cohésion de la gauche.

Celle qui a été nommée à la vice-présidence du parti écologiste en mai ne cache pas ses ambitions d'accéder à la Chambre du peuple en 2019. "C'est une suite logique dans mon parcours, j'ai fait le tour de la politique neuchâteloise", explique Céline Vara.

"Cela fait des années que je collabore avec les cantons romands, avec la direction des Verts suisses et avec des parlementaires fédéraux. J'ai vraiment cette hargne et cette envie d'aller défendre le canton de Neuchâtel à Berne. On en a plus besoin que jamais", affirme l'avocate.

"Il n'y a pas de friction avec le POP"

Pour y parvenir, Céline Vara devra ravir un siège au Parti ouvrier et populaire (POP, gauche), soit celui de Denis de la Reussille. Ce dernier a d'ailleurs fait part de son mécontentement dans la presse. De son côté, la Verte plaide pour la sérénité. "Il n'y a pas de friction", assure-t-elle.

Ce qui ne l'empêche pas de tacler au passage le bilan de son concurrent dans la course au Parlement. "Le nombre de ses interventions est très peu élevé, à 14 actuellement", relève-t-elle, tout en soulignant l'importance du réseau des parlementaires à Berne. "Denis de la Reussille, certes dans le groupe des Verts, est le seul POP à Berne. Je pense que cela joue un rôle", affirme-t-elle.

Denis de la Reussille "surpris et déçu"

Invité dans l'émission Forum jeudi, Denis de la Reussille s'est dit "surpris et déçu" par les propos de Céline Vara, "dont certains éléments sont faux", affirme-t-il. "J'ai fait davantage d'interventions que deux autres de mes collègues neuchâtelois", corrige-t-il.

Le maire du Locle a appelé à la fin de cette polémique, pour se recentrer sur les points qui réunissent le POP et Les Verts. "Je souhaiterais que Madame Vara s'attaque ces prochains mois au siège de l'UDC (du conseiller national Raymond Clottu, ndlr.), plutôt qu'à celui de l'allié POP."

>> Ecouter son interview:

Le conseiller national Denis de la Reussille (POP-NE) lors de la session parlementaire d'été 2018 à Berne.
Alessandro della Valle - Keystone
Forum - Publié le 12 juillet 2018

Propos recueillis par Pietro Bugnon, Marie Giovanola et Christian Favre

Publié le 12 juillet 2018 - Modifié le 12 juillet 2018

La "méthode Vara" ne fait pas l'unanimité

Les formations cantonales PS, Les Verts, POP et Solidarités devront décider de leurs futures alliances afin de maximiser les voix pour maintenir deux sièges à gauche au Parlement fédéral. Or, même au sein de la gauche, la "méthode Vara" ne fait pas l'unanimité.

"Rétablir un équilibre"

Au micro de La Matinale, Céline Vara a affirmé la légitimité de ses aspirations: "L'âge moyen des parlementaires est de 52 ans au Conseil national et de 58 ans au Conseil des Etats. On voit également qu'il y a majoritairement des hommes qui font de la politique de droite. Donc je pense que l'arrivée d'une jeune femme verte, qui fait de la politique de gauche, peut rétablir un certain équilibre."

Elle s'appuie également sur les résultats des écologistes lors des élections cantonales neuchâteloises de 2017: "Les Verts ont fait une progression incroyable en gagnant cinq sièges pour un total de 17 députés, alors que le POP n'en compte plus que six. Le POP a d'ailleurs refusé l'apparentement avec la gauche unie." Céline Vara refuse toute attitude revancharde: "C'est simplement le reflet de la représentation politique au niveau cantonal. Et les Verts ont une carte à jouer à Berne."