Modifié le 16 mai 2018

La société de navigation de Neuchâtel s'est montrée trop généreuse avec un notable PLR

Société de navigation Neuchâtel.
Une convention crée à nouveau la polémique au sein de la société de navigation sur les lacs de Neuchâtel et Morat La Matinale / 2 min. / le 16 mai 2018
Nouveau rebondissement dans l'affaire de la Société de navigation sur les lacs de Neuchâtel et Morat (LNM). Une convention passée avec un notable libéral-radical neuchâtelois était trop généreuse. Elle a été revue à la baisse.

La RTS a obtenu une copie de cette convention passée à la fin 2014 entre l'ancien directeur de la LNM Jean-Jacques Wenger et le député Jean-Bernard Wälti. Les deux hommes se sont connus au Parlement neuchâtelois où ils siégeaient sous les couleurs du PLR. Jean-Bernard Wälti dit être devenu ami avec l'ancien directeur et avoir accepté de faire affaire avec lui. Il a usé de son réseau pour amener des clients à la Société de navigation. La convention lui assurait des commissions comprises entre 5 et 20% des contrats conclus. C'était légal, déclaré au fisc et transparent, assure Jean-Bernard Wälti qui précise avoir peu gagné: environ 5400 francs.

Abonnement général et demi-tarif annulés

Mais l'ancien député s'est également vu offrir jusqu'en 2017 un abonnement général CFF et son épouse a bénéficié d'un demi-tarif au nom de la LNM. Il s'agissait selon lui de couvrir les frais de déplacement pour aller trouver des clients. "Nous n'avons pas maintenu ces avantages", indique le nouveau directeur de la LNM, Jean-Luc Rouiller. Il a signé une nouvelle convention limitée au versement de commissions. Jean-Bernard Wälti dit ne pas avoir eu conscience de toucher un avantage indu.

Des risques de malversations

Mais le feuilleton ne s'arrête pas là. La démission, l'été dernier, du socialiste Olivier Arni n'a pas tout résolu. Il présidait la LNM et il lui a été reproché d'avoir massivement et rétroactivement augmenté l'ancien directeur Jean-Jacques Wenger. Une enquête pénale est toujours en cours à ce sujet.

Mais il y aurait encore d'autres cadavres dans les placards. Selon plusieurs sources, un nouvel audit aurait identifié "des risques de malversations" dans la gestion parfois sans caisses enregistreuses des folles soirées sur les bateaux de la LNM. La publication de cet audit est pour l'instant bloquée par Jean-Jacques Wenger. Il conteste tout à la fois le contenu de cet audit et son licenciement. Là aussi, la justice devra trancher.

Ludovic Rocchi/jzim

Publié le 16 mai 2018 - Modifié le 16 mai 2018