Modifié le 01 octobre 2013

Le professeur neuchâtelois accusé de plagiat suspendu avec effet immédiat

Le bâtiment principal de l'Université de Neuchâtel.
Le bâtiment principal de l'Université de Neuchâtel. [Jean-Christophe Bott - ]
Le professeur impliqué dans l'affaire de plagiat qui secoue l'Université de Neuchâtel a été suspendu lundi avec effet immédiat par le Conseil d'Etat. Son avocat est très remonté.

Le Conseil d'Etat neuchâtelois suspend avec effet immédiat le professeur impliqué dans la crise qui secoue l'Université de Neuchâtel. La mesure est prise à titre provisoire en attendant une décision sur le fond concernant l'enquête administrative sur les accusations de plagiat.

Cette décision s'appuie sur une analyse du dossier dans sa globalité, a expliqué le gouvernement lundi. Celui-ci estime qu'au vu des conclusions de l'enquête, "face aux étudiants, aux professeurs et au public, il apparaît que, pour l'instant, la continuation des fonctions du professeur est problématique".

"Un délai" pour l'accusé

Le professeur de la Faculté des Sciences économiques, actuellement en congé-maladie, a demandé un délai supplémentaire pour s'exprimer sur le rapport sur le plagiat. Le Conseil d'Etat a accepté de lui octroyer "un délai raisonnable".

Le professeur a sollicité ce délai en arguant qu'il avait dû dernièrement consacrer du temps supplémentaire à répondre aux accusations liées à la création d'une société immobilière.

Cet homme n'avait pas annoncé formellement au rectorat qu'il avait créé cette société. Le Conseil d'Etat juge qu'il aurait dû le faire, "même si le conflit d'intérêts n'était que potentiel".

L'analyse de Virginie Pilault:

Université de Neuchâtel / Affaire du plagiat: les précisions de Virginie Pilault
19h30 - Publié le 30 septembre 2013
 

ats/gchi

Publié le 30 septembre 2013 - Modifié le 01 octobre 2013

Le plagiat mis de côté

Au-delà de la suspension provisoire du professeur, la question du plagiat semble avoir été mise de côté par le rectorat de l'université. Selon des documents que s'est procuré la RTS, l'idée d'établir un règlement sur le plagiat, évoquée en mars 2011, a ensuite été écartée en mai de la même année sur demande de la rectrice elle-même.

Pour sa part, l'université conteste cette interprétation. Le vice-recteur Pascal Mahon assure qu'il n'y a pas de contradiction entre le premier et le second document. L’élaboration d’un règlement sur le plagiat est la prérogative du rectorat, assure-t-il. C’est donc pour une raison de répartition des compétences que la rectrice aurait demandé au Sénat de l’université de ne pas se pencher sur la question du plagiat lors de la séance de mai.

L'avocat du professeur remonté

Le Conseil d'Etat neuchâtelois a "cédé au populisme et à la pression de l'opinion publique", a dénoncé l'avocat du professeur de l'Université de Neuchâtel suspendu lundi.

L'avocat déplore que le Conseil d'Etat ne s'attaque pas aux "véritables dysfonctionnements" au sein de cette faculté.

Michel Bise a indiqué qu'il allait discuter avec son client d'un éventuel recours auprès de la Cour de droit public du tribunal cantonal.