Mise à jour le 15 février 2013

Soupçons d'actes sexuels entre employés et requérants à Perreux (NE)

Refufie

Refufie [KARL MATHIS - DR]

Des relations intimes entre membres du personnel et requérants d'asile auraient été entretenues au centre de Perreux (NE). Une enquête pénale a été ouverte contre huit personnes, dont cinq employés d'une entreprise de sécurité. Il s'agit de l'entreprise NSA, co-dirigée par l'UDC Yvan Perrin, a appris la RTS.

Le Ministère public du canton de Neuchâtel a ouvert une enquête pénale pour abus de détresse à l'encontre de personnes travaillant au centre de requérants d'asile de Perreux, à Boudry, qui auraient entretenu des relations intimes avec des requérants.

Pas de viol

Selon le procureur, il ne s'agit pas de viol, les rapports étaient consentants. Mais un fort doute d'abus de détresse existe.

Parmi les huit personnes concernées, cinq d'entre elles sont membres du personnel de l'entreprise de sécurité NSA, co-dirigée par l'UDC Yvan Perrin, selon le bureau neuchâtelois de la RTS (lire ci-contre). Les trois autres sont des employés du service cantonal des migrations.

Elles ont été interpellées et entendues sur les faits entre le 7 et le 14 février, a indiqué vendredi la Chancellerie d'Etat à l'issue d'une conférence de presse du conseiller d'Etat Thierry Grosjean.

Suspensions et remplacements

Diverses investigations sont en cours et le canton a rappelé que les huit personnes prévenues bénéficient toutes de la présomption d'innocence.

Certains comportements des prévenus pouvant être critiquables d'un point de vue professionnel, le Conseil d'Etat a décidé de suspendre provisoirement deux des trois collaborateurs concernés. Il a en outre exigé que les agents de sécurité sur place soient remplacés immédiatement.

Thierry Clemence

NSA est co-dirigée par l'UDC Yvan Perrin

Le co-directeur de l'entreprise de sécurité NSA, dont les cinq agents sont suspectés d'avoir entretenu des relations intimes avec des requérants d'asile du centre de Perreux, n'est autre que le candidat UDC au Conseil d'Etat Yvan Perrin.

Ce dernier, contacté vendredi après-midi par le bureau neuchâtelois de la RTS, "se refuse à tout commentaire puisqu’une instruction est en cours". Il admet cependant que ce sont bien les agents de son entreprise qui ont été dénoncés au Ministère public neuchâtelois.

Jeudi encore, Yvan Perrin dénonçait la "criminalité en augmentation" sur le Littoral neuchâtelois et demandait la "création d’un centre spécial entièrement sécurisé pour y loger les requérants auteurs de délits".