Modifié le 03 mars 2018

Les Jurassiens consultés dimanche sur des sites pour déchets nucléaires

La Nagra est chargée de trouver des solutions de stockage des déchets nucléaires en Suisse.
Les Jurassiens votent le 4 mars sur la question des sites pour déchets nucléaires La Matinale / 1 min. / le 19 février 2018
Comme Vaud, le canton du Jura doit soumettre au vote tous les projets destinés à enfouir des déchets radioactifs, même hors de son territoire. C'est pourquoi les citoyens sont appelés aux urnes dimanche.

Les Jurassiens doivent se prononcer sur deux sites potentiels, situés à moins de 50 kilomètres de la frontière du canton en Suisse alémanique, et figurant dans le projet de la Confédération pour l'entreposage des déchets radioactifs en Suisse.

Le vote du Jura est non contraignant, comme l’a été celui des Vaudois en 2011. Mais dans les deux cantons, le droit impose de faire voter la population même si les sites ne sont pas prévus sur leur territoire.

Sur l'ensemble des partis politiques jurassiens, seuls les Verts n’ont pas réussi à se départager pour délivrer une consigne de vote unanime. Tout comme certains experts, une partie d’entre eux estime que les études menées jusqu’à maintenant ne sont de toute façon pas satisfaisantes.

Un moyen d'informer la population

La loi jurassienne qui impose cette consultation résulte d’une initiative lancée en 1980 par le Parti chrétien-social indépendant (PCSI). "Quand bien même notre vote n'aura pas d'impact direct ou formel sur les décisions de la Confédération, ça permet quand même à tout un chacun de se renseigner, savoir comment les déchets radioactifs seront traités dans les années à venir en Suisse", souligne le président actuel du parti Thomas Schaffter. "Et rien que pour ça, je pense que ça vaut la peine."

Dans le canton de Vaud, la population n’ira pas aux urnes pour cet objet, même si la Constitution cantonale l’exige. Le peuple vaudois a en effet déjà clairement rejeté, en 2011, la première étape de la procédure. L'exécutif estime donc qu'il est inutile de le faire revoter.

"Le bon sens de la population"

Et même si le résultat délivré à l’époque n’était pas non plus contraignant, le député des Verts au Grand Conseil vaudois Christian van Singer estime que la population a parfois plus de bon sens que les spécialistes du dossier. "Les gouvernements font confiance aux spécialistes, tandis que peut-être la population se dira: 'on n'a pas envie d'avoir des déchets enfouis qui risquent un jour de contaminer les nappes phréatiques, voire de revenir à la surface'", dit-il.

Le Conseil fédéral devrait décider d’ici la fin de l’année quels seront les sites retenus pour la 3e étape, avant de faire son choix définitif. Si le référendum est demandé, le peuple suisse se prononcera au début des années 2030.

Gaël Klein/oang

Publié le 03 mars 2018 - Modifié le 03 mars 2018

D'autres cantons pourraient suivre

Les deux sites retenus dans le cadre de la consultation fédérale sur le stockage des déchets radioactifs en couches géologiques profondes se situent à moins de 50 km de la frontière jurassienne, dans les cantons de Soleure et d'Argovie.

La consultation a été lancée sur le plan fédéral jusqu’au 9 mars. Tous les cantons sont appelés à se prononcer. Il n’est pas exclu que d’autres cantons prévoient de faire voter leur population pour répondre à cette consultation.