La Question jurassienne, notre combat

La création du canton du Jura a fait des heureux mais a aussi laissé une région et une population divisées. Des militants des deux bords évoquent leur lutte

Scroll

De l'extérieur, on pourrait croire que la Question jurassienne est close depuis 1979, date de l'entrée en souveraineté du canton du Jura. Les Jurassiens ont eu ce pour quoi ils ont longtemps combattu, un canton à eux. Mais c'est oublier que le nouveau canton ne compte que trois des sept districts historiques. Et que pour certains, la lutte ne s'arrêtera que lorsque le peuple jurassien sera réuni au sein du même canton.

C'est dire si la lutte jurassienne est encore au coeur de l'actualité de cette région, alors que Moutier va voter le 18 juin sur son appartenance cantonale.

RTSinfo est parti à la rencontre de militants des deux bords, pro-jurassiens et pro-bernois, qui se sont battus pour ou contre la création du canton du Jura. Ils évoquent les origines de leur engagement, leurs discordes, leurs combats et les blessures qui en ont découlé.

Côté jurassien, nous avons rencontré Michel Gury, co-fondateur du Groupe Bélier (mouvement séparatiste) et ex-député au Parlement jurassien, ainsi qu'Eric Siegenthaler, militant séparatiste habitant à Moutier. Et côté pro-bernois, Geneviève Aubry, ex-conseillère nationale et fondatrice du Groupement féminin de Force démocratique (mouvement anti-séparatiste) ainsi que Roland Benoit, membre du Groupe Sanglier (mouvement anti-séparatiste) puis de Force démocratique et député au Grand Conseil bernois.

 

 

Nos combats

Ils étaient jeunes à l'époque, dans les années 1970, et pleins d'idéaux. D'un côté, les séparatistes, qui rêvaient d'un canton à eux. De l'autre, les militants pro-bernois qui souhaitaient rester dans le canton de Berne.

Les pro-bernois hurlaient: là il y a des drapeaux jurassiens, brûlez-les, brûlez-les!

Eric Siegenthaler, militant pro-jurassien

Et pour parvenir à leurs fins, ils ont mené des actions parfois calmes, parfois humoristiques, et parfois plus violentes. Empêcher un conseiller d'Etat bernois de parler, prévoir un comité d'accueil musclé après un comité, fédérer les femmes de toute une région...

On ne pouvait pas laisser le Rassemblement jurassien se réunir dans notre région sans rien faire

Roland Benoit, député au Grand Conseil bernois et anti-séparatiste
 

>> Les militants des deux bords racontent leurs actions les plus mémorables

Jura, nos combats
L'actu en vidéo - Publié le 07 juin 2017

 

 

Nos blessures

Ils se sont battus, ils ont pris des coups au propre comme au figuré. Les militants des années 1970 n'ont pas oublié le climat délétère qui régnait entre les deux camps.

Les grenadiers ont dit que les Jurassiens, dont moi, on était des sales chiens

Eric Siegenthaler, militant pro-jurassien

Et les coups bas n'étaient pas réservés qu'à un camp.

Ils m'appelaient la pute du Jura bernois

Geneviève Aubry, ancienne conseillère nationale et anti-séparatiste
 

>> Les adversaires de l'époque parlent de leurs blessures physiques ou intimes.

Jura, nos blessures.
L'actu en vidéo - Publié le 07 juin 2017
 

 

 

Notre engagement

Séparatiste ou anti-séparatiste? Les habitants du Jura et du Jura bernois ont dû choisir leur bord lorsque les fronts se sont durcis dans les années qui ont précédé le vote de 1974. Affaire de famille, de croyances et de convictions, de langue ou de passion... Ce choix a déchiré une population et une région.

>> Pro-Jurassiens et pro-Bernois évoquent les origines de leur engagement dans la lutte

Jura notre engagement
L'actu en vidéo - Publié le 07 juin 2017
 

 

 

Nos discordes

La Question jurassienne a divisé une population, une région, des familles. Les fronts s'étaient alors tellement durcis que le dialogue était devenu impossible. Sur le fond et sur la forme, les séparatistes et les anti-séparatistes étaient en désaccord total.

Nous on était plutôt les méchants car on ne voulait pas les suivre

Roland Benoit, député au Grand Conseil bernois et anti-séparatiste

Chez nous il y avait l'enthousiasme, et c'était le contraire chez eux.

Michel Gury, co-fondateur du Groupe Bélier
 

>> Les militants parlent de leur incompréhension mutuelle et de ce que va devenir la Question jurassienne après le vote de Moutier

Jura, nos discordes
L'actu en vidéo - Publié le 07 juin 2017
 

 

 

 

 

Un reportage de Cécile Rais