Modifié le 10 juin 2017

Le secteur culturel et créatif pèse lourd dans l'économie genevoise

Genève, culture.
Une étude prouve que la culture est une économie profitable dans le canton de Genève Audio de l'info / 1 min. / le 10 juin 2017
Une étude de la HEG s'est intéressée à l'impact du secteur culturel et créatif sur l'économie genevoise. Ses résultats montrent que la culture peut rapporter de l'argent. A Genève, le secteur représente 7% des emplois.

De telles statistiques existent déjà au niveau fédéral ainsi qu'à Zurich et Bâle, mais c'est la première fois que Genève se livre à l'exercice. Au bout du lac, l'économie culturelle et créative représente ainsi quasiment 28'000 emplois et presque 10% du produit intérieur brut (PIB) cantonal.

"C'est un secteur qui pèse dans l'économie genevoise", a souligné vendredi dans Forum José Ramirez, économiste à la Haute école de gestion (HEG) de Genève. Son étude englobe la musique, le livre, le film, les arts plastiques, le design, mais aussi la presse, l'architecture ou encore la gestion du patrimoine et la formation dans le domaine des arts.

>> L'interview de l'économiste José Ramirez dans Forum:

José Ramirez.
Forum - Publié le 09 juin 2017
 

Industrie créatrice

En termes de création de richesse, le secteur culturel et créatif est ainsi le deuxième plus important du canton, avec plus de 4,5 milliards de francs. Il est derrière les activités financières, mais devant l'horlogerie, la construction et l'industrie chimique et pharmaceutique.

Tous les domaines d'activité ne permettent pas de dégager de l'argent. A l'image d'autres "spectacles vivants", le théâtre n'a par exemple pas pu bénéficier d'évolutions technologiques lui permettant de réduire ses coûts, note José Ramirez. D'où le recours parfois au mécénat ou aux subventions publiques.

Bénéfices "pas monétisés"

"Quand on voit les coûts auxquels on fait face dans une ville comme Genève pour obtenir des locaux, les prix [des spectacles] vont être tels que très peu d'individus auront accès à ce type de bien", observe ce spécialiste de l'économie d'entreprise.

Ce n'est pas toujours possible, en ce qui concerne l'éducation ou la culture, d'observer les bénéfices sous la forme de monnaie ou d'argent.

José Ramirez, professeur à la Haute école de gestion de Genève
 

A ses yeux, il y a aujourd'hui une réalité par rapport à la culture, mais aussi à l'éducation et au social, qui est relativement "déformée". "Tout coûte et tout peut rapporter, constate-t-il. Tout est monétarisé. Or ce n'est pas toujours possible, en ce qui concerne l'éducation ou la culture, d'observer les bénéfices sous la forme de monnaie ou d'argent." Et José Ramirez d'évoquer d'autres bénéfices: sociaux, culturels ainsi que pour la santé.

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Publié le 10 juin 2017 - Modifié le 10 juin 2017