Modifié le 21 avril 2017

Les jeunes transgenres sortent de l'invisibilité dans les écoles romandes

Emma s'appelle désormais Olivier (photo d'illustration).
Une élève transgenre a pu changer officiellement de prénom à Genève Le Journal du matin / 3 min. / le 21 avril 2017
Une élève genevoise a pu faire reconnaître son changement de genre au sein de son établissement scolaire par un nouveau prénom d'usage, a appris la RTS. C'est une première à Genève, mais le cas n'est pas isolé.

Dans le sillage des séances de prévention contre l'homophobie dispensées depuis quelques années dans les établissements scolaires genevois, des élèves osent s'adresser à leurs enseignants pour faire reconnaître leur différence. C'est ce qu'explique Franceline Dupenloup, responsable égalité et prévention de l'homophobie et transphobie au Département de l'instruction publique, dans le Journal du matin de vendredi.

Début avril, une séance a été organisée dans une classe pour annoncer qu'une élève porterait dorénavant un prénom masculin. Cette annonce, première du genre à Genève, aurait été bien accueillie par le corps enseignant et les autres élèves.

Une vingtaine de cas

Le canton compte aujourd'hui une vingtaine d'élèves qui ont entamé des démarches similaires; trois au postobligatoire, les autres au cycle d'orientation.

Précisons que ces changements de prénom ne dépendent pas d'un changement physique - certains élèves peuvent avoir entamé des traitements hormonaux mais les éventuelles opérations pour changer de sexe n'interviennent que plus tard.

Aussi dans le canton de Vaud

Le canton de Vaud a déjà permis à plusieurs élèves de changer d'identité de genre. Mais cette pratique n'a fait l'objet d'aucune médiatisation en raison de la politique de confidentialité menée dans les établissements scolaires, a relevé dans le Journal du matin Adèle Zufferey, psychologue à la Fondation Agnodice qui gère les accompagnements scolaires des jeunes transgenres.

A Genève comme dans le canton de Vaud, les responsables concernés sont en train d'élaborer des protocoles pour l'orientation et l'accompagnement des jeunes trans en milieu scolaire. Le protocole genevois devrait être présenté aux autorités scolaires d'ici au mois prochain.

Quant à Adèle Zufferey, elle travaille sur un guide romand pour unifier les pratiques. Elle relève en effet de grandes différences entre les cantons. Ainsi, le canton de Vaud est très en avance, alors que Fribourg et Neuchâtel ont entrepris moins de démarches.

Mathieu Cupelin/lan

Publié le 21 avril 2017 - Modifié le 21 avril 2017