Modifié le 20 avril 2017

Mobilisation de 600 policiers à Genève pour la Coupe de Suisse de football

Des mesures de sécurité particulières seront prises autour du Stade de Genève.
Mesures de sécurité renforcées pour la finale de la Coupe de Suisse de football Le Journal du matin / 4 min. / le 20 avril 2017
Genève se prépare à recevoir le 25 mai la finale de la Coupe de Suisse de football qui opposera Bâle à Sion. La mobilisation sera importante avec la présence de 600 policiers, a appris la RTS. C'est le même dispositif que lors des gros matchs de l’Euro 2008.

Si Genève veut éviter que cet événement sportif ne dérive en guérilla urbaine, le canton ne souhaite pas être trop restrictif pour autant. La preuve, l’autorisation accordée à deux cortèges de supporters bâlois et sédunois, qui pourront gagner à pied le stade depuis la gare Cornavin, au centre-ville.

Ce rituel prisé par les fans n'est pas sans danger. Pour rappel, en 2014, le cortège avait dégénéré à Berne, dégoûtant définitivement la capitale d'accueillir cette manifestation. "Nous avions voulu acheminer les supporters en train jusqu'au stade, mais l'Association suisse de football nous avait dit que ce n'était pas assez festif", se souvient Reto Nause, directeur bernois de la Sécurité. Résultat, les dégâts se sont chiffrés à 40'000 francs.

>> Lire: Les dégâts en marge de la Coupe de Suisse de foot atteignent 40'000 francs

Genève aurait aussi aimé y échapper. "Il y a eu des discussions", confirme Yannick Rappan, porte-parole de l’Association suisse de football et organisateur de la Coupe. "Notamment sur le fait que les trains de supporters s’arrêtent sur place, au Stade de Genève, mais l’esprit festif doit l'emporter et les trains seront donc stoppés à Cornavin."

On énerve davantage les supporters si on leur interdit ce type de cortège et ça permet surtout de canaliser les flux de personnes.

Yannick Rappan, porte-parole de l’Association suisse de football et organisateur de la Coupe

Plusieurs cortèges de Sédunois?

Cela présage d'un important engagement de la police, qui devra éviter les échauffourées dans et à proximité de la gare, avant le départ du cortège. Au moins 30'000 personnes sont attendues pour cette manifestation, entre 5000 et 12'000 personnes pourraient venir par train. Rien n'est confirmé par les CFF qui "ne peuvent pas donner pour l’heure de réponse précise", relève la porte-parole de l'ex-régie fédérale Donatella Del Vecchio.

Et il risque d'y avoir plusieurs cortèges, car la plupart des valaisans viendront par bus et voitures. Ils n’arriveront pas tous en même temps mais voudront tous défiler, ce qui pourrait multiplier les mobilisations policières.

Dispositif anti-terroriste

Au stade, la priorité sera mise sur la lutte anti-terroriste. Dans le périmètre élargi, où pénétreront uniquement les détenteurs d'un billet, seront installés plusieurs cylindres en béton afin d'éviter les attaques au camion bélier.

Une fouille au corps stricte aura lieu pour chacun au passage de l'enceinte du stade. Elle sera effectuée par des policiers uniquement. La priorité, la recherche d’armes et d’explosifs. Seul doute pour l’instant, le maintien ou non de l’accès au centre commercial, confirme Frédéric Renevey, conseiller administratif (exécutif) socialiste de la commune de Lancy et membre de la Fondation du Stade.

Une facture d'au moins 420'000 francs

L’ensemble du dispositif sécuritaire sera réévalué au fur et à mesure des jours, mais la facture s'annonce salée pour Genève. A 100 francs l’heure de police, la douloureuse s’élèvera à 420'000 francs au moins. Et il ne s'agit là que de la mobilisation policière.

>> Les détails dans le Journal de 7h de La Première:

La nouvelle loi implique une dévaluation de la classe de salaire des inspecteurs dès le 1er avril.
Le Journal du matin - Publié le 20 avril 2017

Laetitia Guinand/lgr

Publié le 20 avril 2017 - Modifié le 20 avril 2017

Climat de tension dans les milieux des supporters

Le climat de tension dans les milieux des supporters atteint des sommets ces derniers temps et met à mal toute prévision.

Pour Pascal Lüthi, commandant de la police neuchâteloise, cette détermination à s’affronter coûte que coûte et complètement en dehors du périmètre du stade est assez nouvelle et pose davantage de problèmes aux collectivités, qui doivent déjà payer une facture salée. Il faut compter entre 500'000 et un million de francs pour la seule sécurité lors de ce type de match, ajoute Reto Nause, le directeur de la sécurité de la Ville de Berne.

L’ASF paiera bien une indemnisation à Genève, dont le montant est secret, mais tout le reste sera à la charge du Canton.

A noter que le Département de la sécurité de Pierre Maudet, magistrat qui a sollicité l’organisation de cette finale, pas plus que la police n’a souhaité s’exprimer sur l’ensemble de ce dossier.

L’homme de la situation

Les policiers seront sous les ordres du chef d’engagement Nicolas Dentan, dont les compétences opérationnelles sont louées par plusieurs interlocuteurs. Ancien membre du groupe d’intervention, il a géré la dernière édition des Fêtes de Genève.

Au niveau de l’état-major, des voix regrettent cependant l’expérience de Christian Cudré-Mauroux, qui avait chapeauté des grands raouts comme l’Euro 2008 et les manifestations anti-OMC et G8.

L’ancien chef des opérations a été écarté après la manifestation sauvage du 19 décembre 2015, où des casseurs avaient notamment aspergé de peinture la façade du Grand Théâtre.