Publié le 06 décembre 2012

Une meilleure nutrition des patients hospitalisés réduit le risque d'infections

Les patients ayant reçu une nutrition combinée récupéraient mieux de leur état critique, comme le révèle la recherche publiée le 3 décembre dans la revue médicale "The Lancet".
Les patients ayant reçu une nutrition combinée récupéraient mieux de leur état critique, comme le révèle la recherche publiée le 3 décembre dans la revue médicale "The Lancet". [Gaetan Bally - Keystone]
La combinaison de deux techniques de nutrition pour les patients aux soins intensifs, testée par une équipe des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), a diminué de 20% le nombre d'infections nosocomiales.

Le risque d'infections nosocomiales aux soins intensifs peut être réduit de 20% grâce à une meilleure nutrition des patients. Une équipe des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) est arrivée à ce résultat en combinant nutrition par sonde et par voie intraveineuse.

Vulnérabilité des patients

Plus de 2500 patients sont hospitalisés chaque année aux soins intensifs des HUG, indiquent jeudi ces derniers. Ils sont très vulnérables face aux infections nosocomiales en raison des pathologies médicales ou chirurgicales sévères qui affaiblissent leur système immunitaire. En outre, la plupart d'entre eux est incapable de s'alimenter.

L'étude menée par Claudia Heidegger, médecin-adjointe aux soins intensifs, et le professeur Claude Pichard, responsable de l'unité nutrition des HUG, en collaboration avec le Centre hospitalier universitaire vaudois montre que la nutrition artificielle par une sonde dans l'estomac est insuffisante pour couvrir leurs besoins énergétiques élevés.

Or la sous-nutrition aggrave le risque d'infection.

Nutrition par voie intraveineuse

L'équipe des HUG a donc décidé d'ajouter une nutrition par voie intraveineuse en cas d'échec de la nutrition par sonde dans le tube digestif.

Cette combinaison des deux techniques a permis une nutrition individualisée qui a été testée dans l'étude menée auprès de 305 patients des soins intensifs dès le quatrième jour d'hospitalisation et durant cinq jours.

Meilleure récupération

Il s'avère que les patients ayant reçu une nutrition combinée récupéraient mieux de leur état critique, comme le révèle cette recherche publiée le 3 décembre dans la revue médicale "The Lancet".

Le nombre d'infections nosocomiales a été diminué de 20%. En outre, le nombre de jours de prise d'antibiotiques a été réduit, tout comme la durée de l'assistance respiratoire.

Résistantes aux antibiotiques, les infections nosocomiales sont acquises en milieu hospitalier et diagnostiquées dès le troisième jour après l'admission. Or une infection sévère de ce type "coûte" 15'000 francs en moyenne et parfois jusqu'à 50'000 francs, notent les HUG.

Selon d'autres études, jusqu'à 2000 personnes meurent chaque année en Suisse des suites d'une infection nosocomiale.

ats/aduc

Crise dans les hôpitaux grecs

La Grèce, qui faisait déjà partie des pays d'Europe ou l'on contracte le plus de maladies nosocomiales, a vu sa situation s'aggraver avec les réductions d'effectifs et la baisse du niveau des soins due à la crise. Les hôpitaux grecs soignent au rabais.

Les médecins épuisés des 133 hôpitaux publics grecs évoquent le manque de personnel, la pénurie de matériel de base comme le coton, les cathéters ou encore le papier utilisé pour recouvrir les lits de consultation. Certains n'ont plus les moyens d'acheter des médicaments ni même du matériel standard pour éviter la contagion, comme les gants ou les blouses jetables.

Avec de moins en moins de médecins et d'infirmières, de plus en plus de patients et une trésorerie insuffisante, les hôpitaux en sont à prendre des risques, même avec l'hygiène de base, souligne Marc Sprenger, directeur du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

Les dépenses grecques pour le système de santé se montent à 11 milliards d'euros par an, soit 5% du produit intérieur brut. Selon le gouvernement, le système est endetté à hauteur de deux milliards d'euros et il faut fortement réduire les dépenses. De nombreux emplois ont été supprimés dans le secteur de la santé. En outre, certains salaires ne sont plus versés régulièrement.