Modifié le 12 octobre 2017

Projet pilote pour détecter les morts "naturelles" cachant un homicide

Ces morts violentes que personne ne détecte.
Projet pilote à Berne pour détecter les morts "naturelles" cachant un homicide Le 12h30 / 1 min. / le 12 octobre 2017
Le nombre d'homicides est-il sous-estimé en Suisse? Oui, selon l'Institut de médecine légale de l'Université de Berne, qui lance un projet pilote prévoyant un second examen légal des dépouilles juste avant leur crémation.

Homicide, suicide, accidents: autant de cas de morts non naturelles qui passent souvent inaperçus. En Allemagne, des études montrent que seul un homicide sur deux est reconnu comme tel.

Si le phénomène est prouvé en Allemagne, il est certainement présent davantage encore en Suisse, moins bien armée que sa voisine du nord pour le combattre. En Suisse en effet, le médecin qui dresse le constat de décès ne peut pas toujours effectuer d'examen approfondi.

Deuxième examen avant crémation

Les légistes de l'Université de Berne vont donc se pencher sur toutes les dépouilles qui reposent dans l'un des crématoires de la capitale, soit au moins 2500 corps à examiner.

L'examen sera rapide - quelques minutes à peine juste avant l'incinération - mais avec l'oeil de l'expert et avec le feu vert de la Commission cantonale d'éthique, du Ministère public et de la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police.

Servir la cause des proches

Les pompes funèbres, en revanche, invoquent une possible atteinte à la paix des morts. A quoi le directeur de l'Institut rétorque qu'on a trop tendance, en Suisse, à prendre un constat de décès par mort naturelle pour argent comptant, alors qu'un second regard pourrait souvent servir la cause du défunt, de ses proches ou de la société.

Alain Arnaud/kkub

Publié le 12 octobre 2017 - Modifié le 12 octobre 2017