Modifié le 20 décembre 2016

90% des francophones à Bienne s'estiment lésés, selon une étude

Les francophones de Bienne se disent moins bien traités.
Près de 90% des Biennois francophones se disent lésés, selon une étude Le 12h30 / 1 min. / le 20 décembre 2016
Près de neuf Biennois francophones sur dix estiment que leur communauté linguistique est moins bien traitée que la germanophone, selon le quatrième baromètre du bilinguisme, présenté mardi.

Ces résultats révèlent une baisse de satisfaction chez les francophones à Bienne en regard du troisième baromètre de 2008. En effet, alors que plus de deux tiers des Biennois jugent que la vie dans une ville bilingue apporte plus d'avantages que d'inconvénients, les habitants francophones disent se sentir largement désavantagés par rapport aux germanophones.

C'est surtout la difficulté d'accès au monde du travail qui est relevée par les personnes sondées, constate Virginie Borel, directrice du Forum du bilinguisme: "On doit travailler plus étroitement sur le bilinguisme de l'économie (afin) que les jeunes puissent s'insérer dans le marché du travail".

Pour y parvenir, une nouvelle étude et d'ores et déjà prévue: "Nous allons lancer un deuxième baromètre durant le premier trimestre 2017, avec les entreprises de Bienne, mais aussi celles du Jura bernois et du Seeland, pour comprendre le fonctionnement à l'interne ainsi que les attentes des clients".

"Pas d'inégalité"

De son côté, le maire de Bienne Erich Fehr insiste: "Il n'y a pas de traitement inégal entre les deux communautés linguistiques au niveau de la ville - et surtout pas au niveau de l'administration. Je pense que ce sont surtout des exemples au quotidien, surtout dans le monde du travail, dans le commerce de détail ou dans les restaurants", rapporte-t-il.

Selon lui, le sentiment d'inégalité est directement lié à l'évolution démographique de la communauté francophone: "Aujourd'hui, la population francophone de Bienne est davantage composée de personnes qui ne sont pas nées dans la ville et qui n'ont pas appris le suisse-allemand. Elles ont donc des attentes différentes par rapport à dix ou vingt ans en arrière", analyse-t-il.

Et d'ajouter: "Ce sont des signaux qu'il faut prendre au sérieux mais qu'il ne faut pas dramatiser".

Alain Arnaud/hend

Publié le 20 décembre 2016 - Modifié le 20 décembre 2016