Modifié le 07 août 2016

Zurich tente de calmer sa vie nocturne pour rester capitale de la fête

La ville de Zürich pense à sanctionner la nuisance sonore nocturne
La ville de Zürich pense à sanctionner la nuisance sonore nocturne 19h30 / 2 min. / le 06 août 2016
Les actions se multiplient à Zurich pour lutter contre la menace d'une régulation toujours plus poussée de la vie nocturne. Objectif: conserver le titre de capitale suisse de la fête que la ville aime revendiquer.

Pour éviter que trop de réglementations ne freinent les soirées zurichoises, une association a été créée au début de l'année. Composée de jeunes politiciens provenant de tout l'échiquier politique, "Pro Nacht Zürich" pointe le changement de pratiques dans l'attribution des autorisations d'exploitation qui permet désormais aux voisins de déposer un recours contre les préjudices subis.

Depuis la libéralisation de sa politique nocturne, à la fin des années 1990, Zurich a vu se multiplier les établissements autorisés à fermer après minuit. Elle compte désormais près de 650 lieux de sortie dont plusieurs coexistent difficilement avec leur voisinage.

Sur la Langstrasse, rue mythique de la scène nocturne zurichoise, le problème s’est particulièrement exacerbé ces dernières années (lire encadré).

Mesures testées en été

Fatigués par les nuisances sonores, les odeurs d’urines ou les détritus jonchant le sol, les voisins des lieux de vie nocturne multiplient les plaintes.

Misant sur la conciliation, la Ville teste durant les mois d’été une série de mesures pour apaiser la situation. Renfort de la présence policière, urinoirs mobiles, campagne de sensibilisation, ces mesures sont issues d’une table ronde entre police, bars, clubs et échantillon du voisinage. Le bilan sera tiré fin septembre.

Chaque année, près de 5 millions de personnes viennent à Zurich pour faire la fête

Alexander Bücheli, porte-parole de la commission des bars et des clubs

Les acteurs de la nuit espèrent sensibiliser la clientèle aux problèmes du voisinage via une vaste campagne "Vivre la nuit, laisser vivre" qui s’affiche dans les clubs et dans la rue. Le message des tenanciers de clubs et de bars n'est rien d'autre qu'un appel au respect mutuel.

"Il ne faut pas sous-estimer l’importance économique de l’industrie nocturne. Chaque année, ce sont près de 5 millions de personnes qui viennent à Zurich pour faire la fête", souligne pour la RTS Alexander Bücheli, le porte-parole de la commission des bars et des clubs.

Noémie Guignard

Publié le 06 août 2016 - Modifié le 07 août 2016

La Langstrasse, la rue des "éclats de verre" change de visage

La Langstrasse est décrite comme la rue des "éclats de verre" depuis plusieurs décennies. Longtemps confinée au milieu de la drogue et du sexe, la sulfureuse Langstrasse qui relie Limmatplatz à Helvetiaplatz connaît depuis une quinzaine d’années une transformation profonde de son ADN.

L’arrivée de jeunes gastronomes et restaurateurs a attiré avec elle une clientèle nouvelle, branchée, jeune, venant se mêler aux franges plus populaires et à la prostitution déjà présentes.

Devenu l’un des espaces de prédilection des Zurichois, le quartier connaît aussi une transformation de son voisinage, essentiellement composé de familles étrangères et d’étudiants par le passé.

Avec la rénovation du quartier et l’apparition d’appartements de luxe dans les rues adjacentes, l’attractivité du lieu a augmenté, "la sensibilité au bruit aussi", selon Alexander Bücheli, porte-parole des clubs et des bars zurichois.