Modifié le 20 janvier 2016

Un journaliste incognito dans le centre d'enregistrement de Kreuzlingen

Le Centre d’enregistrement et de procédure de Kreuzlingen.
Un journaliste allemand s'est infiltré dans le centre d'enregistrement de Kreuzlingen Le Journal du matin / 3 min. / le 19 janvier 2016
Un journaliste allemand a séjourné incognito dans le centre d'enregistrement de Kreuzlingen (TG). Shams ul-Haq s'y est présenté comme un requérant d'asile.

Shams ul-Haq, journaliste expert en terrorisme, avait entendu dire que le centre thurgovien avait des problèmes, mais impossible d'en savoir plus, puisque l'accès aux médias y est interdit, a-t-il expliqué à la RTS. Il s'y est infiltré 5 jours, expérience relatée dimanche dans la Sonntagszeitung.

"A Kreuzlingen, il y a deux camps. Le premier est très bien, moderne, il faut aussi le reconnaître, c’est là que vivent les familles. Et puis il y a une pièce dans laquelle sont enfermés les hommes ne respectant pas les règles. Ils se font frapper, cela m'a été confirmé par plusieurs personnes", a-t-il déclaré dans un entretien à la RTS.

Le journaliste a logé dans le deuxième camp, situé à une centaine de mètres. "C'est le bunker dans lequel vivent une centaine d'hommes. Et là, j'ai vu deux fois des réfugiés se faire frapper par le personnel de sécurité. Les autres requérants ne peuvent pas réagir, parce qu'il n’y a personne d'autre, il n'y a pas d'assistant social sur place. Je ne sais pas si ça a lieu tous les jours, moi je l'ai vu deux fois en cinq jours, mais des requérants m'ont dit que cela arrivait plusieurs fois par semaine."

Sympathisants de l'EI

Lors de son reportage, Shams ul-Haq a côtoyé des combattants du groupe Etat islamique. Il détaille comment il a pu les identifier. "On le remarque aux discours, aux comportements de la personne, mais il faut tout d'abord gagner la confiance des gens. Aller manger avec, passer du temps ensemble, écouter les problèmes, proposer un peu d’argent."

Puis une fois que le journaliste repère un sympathisant de l'EI, il s'en approche et entame la discussion.  "Le truc c’est d’abonder, pour le convaincre. "Tu as complètement raison. Les Suisses ici sont sans foi, il faudrait tous les tuer..." C’est comme ça qu’on repère un extrémiste, mais de là à savoir à 100% que c’est un combattant de Daech, c’est difficile à estimer."

Nourriture meilleure en Suisse

Shams ul-Haq s'est également infiltré dans des centres d’accueil en Allemagne, où il a pu faire des observations similaires. "Daech a des membres qui font de la propagande en Allemagne. Là-bas, le grand problème des centres de requérants, c’est la nourriture. D’ailleurs, je dois dire qu’en Suisse, la nourriture était très bonne. En Allemagne, les repas sont vraiment mauvais et la viande n’est pas abattue comme le veut l’islam, elle n’est pas halal. Et là les islamistes en profitent pour dire: "voyez comme ils veulent vous convertir au christianisme."

Le journaliste pose un regard sans appel sur la situation. "Ces gens-là n’ont rien à faire ici, ils doivent quitter immédiatement, la Suisse, l’Allemagne, l’Europe. Sinon, je suis convaincu que l’année prochaine il y aura en Suisse, ou en Allemagne une guerre civile."

Deborah Sohlbank/lgr

Publié le 19 janvier 2016 - Modifié le 20 janvier 2016