Modifié le 23 juillet 2015

Aarburg veut empêcher les réfugiés de soutenir leur famille restée au pays

L’aide sociale est censée faciliter la vie de ses bénéficiaires en Suisse, et pas de leurs familles restées au pays, selon l'UDC.
Aarburg (AG) veut empêcher les réfugiés d'alimenter leurs familles au pays Le Journal du matin / 2 min. / le 22 juillet 2015
La ville argovienne d'Aarburg proposera dès l'automne un projet pilote - très controversé - qui consistera à empêcher les réfugiés d'alimenter leurs proches restés au pays.

"On se rend compte que 40 à 60% de l’aide sociale que nous versons retourne directement dans les pays d’origine. C’est contraire à la loi, on n'a pas le droit de détourner l'aide sociale, mais ça arrive chaque fois qu'elle est transférée vers le pays d’origine", dénonce Martina Bircher, élue UDC chargée des oeuvres sociales à Aarburg, en Argovie.

Pour empêcher ces transferts, Aarburg va interdire aux bénéficiaires originaires des pays pauvres tout retrait d’argent liquide en versant l'aide sociale sur des cartes de crédit dont la fonction "retrait en liquide" sera désactivée. "L’aide sociale est censée faciliter la vie en Suisse, et non aider leurs familles restées au pays."

Solution très contestée

Cette solution est très contestée aussi bien par les autorités cantonales argoviennes que par la Conférence Suisse des institutions d'action sociale. "L'aide sociale est pour tout le monde la même, soit pour les réfugiés soit pour les Suisses", relève sa secrétaire générale Dorothée Guggisberg.

Si la commune agit ainsi, c’est aussi parce que son projet pourrait avoir un effet apaisant sur l’afflux migratoire qui la frappe. "Cet argent qui retourne au pays d’origine pourrait servir à payer les passeurs. C’est vraiment un cercle vicieux", explique Martina Bircher.

Alain Arnaud

Publié le 22 juillet 2015 - Modifié le 23 juillet 2015