Modifié le 15 août 2014

La volonté thurgovienne de supprimer le français en primaire fait vivement réagir

François Grin, professeur d’économie des langues à l’Université de Genève.
François Grin, professeur d’économie des langues L'Invité de la rédaction / 21 min. / le 15 août 2014
La suppression de l'enseignement du français à l'école primaire préconisée par le Parlement thurgovien ne passe pas inaperçue dans le monde politique et chez les enseignants.

La volonté du Parlement thurgovien de supprimer l'enseignement du français à l'école primaire suscite des réactions chez les politiques mais aussi chez les enseignants vendredi.

Pour le président de la Fédération des enseignants alémaniques Beat Zemp, interrogé par la Basler Zeitung, cette décision est contraire au mandat constitutionnel et à la stratégie défendue par la Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP).

Les Romands inquiets

La Conférence intercantonale de l'instruction publique de la Suisse romande et du Tessin se dit pour sa part consternée et inquiète. Elle souhaite vivement que la demande thurgovienne ne soit ni concrétisée, ni reprise dans d'autres cantons.

Alors que le conseiller national Dominique De Buman (PDC/FR) évoque sur la RTS un "égarement de certains cantons alémaniques" (voir ci-contre), Mathias Reynard (PS/VS) demande lui dans Le Temps au Conseil fédéral de réagir, par exemple par le biais de la loi fédérale sur les langues, qui pourrait stipuler plus clairement l'exigence d'apprendre une langue nationale comme première langue étrangère.

 

Les cantons doivent s'entendre

Selon le président de la CDIP, le Bâlois Christoph Eymann, les cantons doivent s'entendre et éviter une intervention du Conseil fédéral. "Nous devons faire en sorte qu'un léger déséquilibre ne perturbe pas l'ensemble du système".

Car si les cantons ne trouvent aucun dénominateur commun, le Conseil fédéral pourrait intervenir conformément à la Constitution. Alain Berset avait annoncé en mars dernier vouloir faire le meilleur usage de cette compétence.

ats/pym

Publié le 15 août 2014 - Modifié le 15 août 2014

La Thurgovie n'est pas seule

D'autres cantons alémaniques remettent en question l'enseignement du français à l'école primaire.

A Schaffhouse, le Parlement a approuvé un postulat permettant de supprimer l'obligation d'enseigner deux langues étrangères à l'école primaire. A Nidwald, l'UDC a déposé une initiative allant dans le même sens. Une récolte de signatures est aussi en cours à Lucerne.

Quant au PDC, il a aussi déposé une motion exigeant que les élèves en difficulté soient dispensés des cours de français.