Mise à jour le 05 mars 2013

Le projet de Jeux olympiques dans les Grisons est enterré

Les opposants à la candidature grisonne aux Jeux olympiques de 2022 ont gagné leur pari.

Les opposants à la candidature grisonne aux Jeux olympiques de 2022 ont gagné leur pari. [Arno Balzarini - Keystone]

Les Grisons n'accueilleront pas les Jeux olympiques en 2022. Si les citoyens des villes de Davos et St-Moritz ont dit oui, ceux du canton ont rejeté l'objet à 52,7%, ce qui suffit à mettre fin au projet.

Sur les trois scrutins consacrés dimanche au projet de candidature pour les Jeux olympiques de 2022 dans les Grisons, un seul non suffisait à enterrer l'objet. Et les citoyens du canton ont décidé de rejeter le projet, ce qui conduit à son rejet.

Un total de 52,7% de la population des Grisons a dit non, soit 41'758 voix contre 37'540. Les régions de plaine comme le chef-lieu Coire ont été les fers de lance des opposants. La participation cantonale s'est élevée à 59,1%.

Les citoyens des commune de St-Moritz (par 1153 voix contre 716, soit 61%) et de Davos (par 2652 voix contre 2067, soit 56,2%) ont donc accepté en vain d'accueillir les Jeux.

La vive déception des promoteurs

L'association Grisons 2022 a fait part de sa "grande déception" après le rejet du projet. Il s'agissait de "l'unique projet d'envergure novateur actuellement envisagé pour le tourisme, l'économie et le sport dans le canton", selon eux.

Les adversaires du projet se sont quant à eux réjouis de la "sage décision des citoyens de ne pas se lancer dans une aventure olympique incalculable". Les votants ont montré qu'ils voulaient pour les futures générations des conditions durables et sans dettes.

Le Conseil fédéral prend lui acte, sans commentaire, du refus des citoyens, a indiqué le porte-parole du gouvernement André Simonazzi. Le président de la Confédération et ministre des sports Ueli Maurer, qui s'était aussi battu pour les JO, n'était pas disponible dimanche pour une réaction.

L'opposition des écologistes

La campagne a été intense. Deux visions d'avenir se sont affrontées: l'une d'un canton sans dette et misant sur la durabilité et la protection du paysage. L'autre voulant profiter de l'organisation d'un événement de portée mondiale pour renouveler ses infrastructures et doper son économie.

Les opposants aux JO, composés du PS, des Verts, du WWF, de Pro natura et de l'ATE, craignaient de graves conséquences pour l'environnement et le paysage. Les partisans avaient répondu que les Jeux allaient être verts et dénués de gigantisme.

Autre critique des opposants qui a fait mouche: avec une facture totale de 2,8 milliards de francs, le projet risquait de créer un endettement que les générations futures devront éponger. Sur ce point, les promoteurs avaient revu leur copie. Alors qu'ils tablaient d'abord sur une perte de quelque 300 millions de francs, ils ont présenté en janvier un budget équilibré si l'on tient compte de la garantie de déficit d'un milliard de francs promise par le Conseil fédéral.

boi

La Suisse, deux fois hôte des JO

La Suisse a été hôte de Jeux olympiques par deux fois: en 1928 et en 1948, toujours à St-Moritz. Plusieurs tentatives ont depuis échoué à différents niveaux.

Les urnes ont fait connaître des sorts divers aux projets de candidatures. En 1980, les Grisons ont balayé à 77% une garantie de déficit pour des jeux d'hiver.

Les Valaisans ont en revanche plébiscité en 1997 la candidature de Sion 2006 en votant à 67% pour une garantie de déficit. Mais le CIO a finalement préféré le dossier de Turin.