Modifié le 04 juillet 2017

"La question du vivre-ensemble dans l'espace rural va crescendo"

Les odeurs provoquées par les élevages, notamment porcins, suscitent toujours plus de réactions.
Les odeurs provoquées par les élevages, notamment porcins, suscitent toujours plus de réactions. [Yonhap - EPA/Keystone]
Les éleveurs s'inquiètent d'un projet de l'Office fédéral de l'agriculture visant à limiter les nuisances olfactives générées par leurs exploitations. Il est révélateur d'un seuil de tolérance en baisse parmi la population.

La Suisse est déjà l'un des pays où les exigences en matière d'élevage d'animaux de rente sont les plus strictes au monde. Or le projet dévoilé dimanche par la NZZ am Sonntag vise à changer le mode d'évaluation de ce type de nuisances, en tenant compte notamment de paramètres comme l'exposition aux vents et la proximité d'habitations.

Il s'agit - sur le papier - d'une modification du mode d'évaluation, mais elle conduira de fait à un durcissement des normes pour les éleveurs.

Choc entre pendulaires et population de la campagne

"C'est une évolution territoriale", explique Jérémie Forney, professeur assistant à l'Institut d'ethnologie de l'Université de Neuchâtel. "On a de plus en plus de rencontres entre des populations de pendulaires qui vont habiter la campagne et une population qui vit à la campagne à travers une activité économique. Cette question du vivre-ensemble sur des attentes très différentes par rapport à la fonction d'un espace rural va crescendo."

Pour ce spécialiste du monde paysan "on voit que, dans notre système alimentaire, il y a une déconnection qui se fait entre ce qu'on attend en tant que consommateurs et ce que cela implique dans l'activité agricole. On a l'impression qu'on a des attentes contradictoires."

>> Ecouter l'interview de Jérémie Forney dans l'émission Forum:

 

oang

Publié le 03 juillet 2017 - Modifié le 04 juillet 2017