Modifié le 12 juillet 2018

La relation proposée par Londres à l'UE déplaît aux eurosceptiques et à la City

Dominic Raab à la Chambre des Communes à Londres le 12 juillet 2018.
Dominic Raab à la Chambre des Communes à Londres le 12 juillet 2018. [HO - AFP / PRU]
Le gouvernement britannique a présenté jeudi les détails de son plan sur la future relation entre le Royaume-Uni et l'UE après le Brexit, s'attirant les critiques des eurosceptiques comme du secteur financier.

Ce plan, qui a déjà provoqué les démissions de deux ministres de premier plan, celui du Brexit David Davis et des Affaires étrangères Boris Johnson, alimente depuis plusieurs jours les velléités de rébellion au sein de la majorité conservatrice.

Quand le nouveau ministre en charge du Brexit, Dominic Raab, a pris la parole à la Chambre des Communes pour présenter le document, les parlementaires ont bruyamment protesté, se plaignant de n'avoir pas reçu de copie, forçant le président de la Chambre à interrompre la séance quelques minutes.

Dominic Raab a ensuite décrit un plan gouvernemental "innovant", qui doit aboutir à l'élaboration d'un partenariat économique et sécuritaire "sans précédent".

Arrangement douanier pour les biens

Selon ce livre blanc, Londres souhaite mettre en place une nouvelle "zone de libre-échange pour les biens", destinée à maintenir un commerce "sans friction" avec les 27 membres de l'UE.

Celle-ci doit permettre, via l'instauration d'un "arrangement douanier simplifié", d'"éviter une frontière dure entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande".

"Davantage de barrières" pour les services

Le secteur des services ferait lui l'objet d'un nouvel accord qui entraînera "davantage de barrières" et privera les banques, sociétés d'assurance ou gestionnaires d'actifs du "passeport financier" qui leur permet actuellement d'opérer librement sur le continent, a reconnu Londres.

Concernant la circulation des personnes, Londres veut développer un "nouveau cadre qui respecte les contrôles britanniques aux frontières", tout en permettant aux citoyens de se rendre "dans leurs pays respectifs". Une formulation floue qui ne satisfait pas non plus les milieux d'affaires, largement tributaires de la main d'oeuvre européenne.

Londres a accompagné ce plan de propositions pour un "partenariat sécuritaire". Le Royaume-Uni resterait membre des agences Europol et Eurojust et développerait des accords de "coordination" sur les questions de politique étrangère et de défense. Les déploiements actuels de "capacités opérationnelles", des deux côtés de la Manche, seraient maintenus.

afp/jgal

Publié le 12 juillet 2018 - Modifié le 12 juillet 2018

Les milieux financiers dénoncent "un coup dur" pour la place de Londres

"Le livre blanc publié aujourd'hui est un coup dur pour le secteur financier et des services associés", a fustigé Catherine McGuinness, une haute responsable de la City of London Corporation qui représente cette place financière, l'une des plus puissantes du monde avec celle de New York.

La finance britannique emploie directement ou indirectement pas moins de 2,2 millions de banquiers, assureurs, juristes, employés administratifs ou opérateurs à travers tout le pays.

"Avec des liens plus distendus avec l'Europe, les secteurs financiers et associés seront moins à même de créer des emplois, de générer des impôts et de soutenir la croissance de l'économie. C'est aussi simple que cela", a fustigé Mme McGuinness.