Modifié le 14 juin 2018

L'Autriche, l'Allemagne et l'Italie s'allient contre l'immigration illégale

L'Europe se déchire sur les migrants. Un nouveau front se crée entre l'Italie, l'Allemagne et l'Autriche
L'Europe se déchire sur les migrants. Un nouveau front se crée entre l'Italie, l'Allemagne et l'Autriche 19h30 / 2 min. / le 13 juin 2018
Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a annoncé mercredi la création d'un "axe" entre les ministres autrichien, allemand et italien de l'Intérieur pour lutter contre l'immigration illégale dans l'UE.

"Je suis heureux de la bonne coopération que nous voulons bâtir entre Rome, Vienne et Berlin" dans ce domaine, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Berlin. "A notre avis il faut un axe des volontaires dans la lutte contre l'immigration illégale", a-t-il ajouté à l'issue d'un entretien avec le ministre allemand de l'Intérieur, Horst Seehofer.

"Il y a de plus en plus d'arrivées en Grèce, de nouvelles évolutions sur la route albanaise. Je pense qu'il est important de ne pas attendre la catastrophe, comme en 2015, mais d'agir contre à temps", a ajouté le chancelier autrichien, qui a fait de la lutte contre l'immigration la priorité de sa présidence de l'UE, commençant 1e 1er juillet.

Il faisait référence à l'afflux migratoire de 2015, lorsque des centaines de milliers de demandeurs d'asile ont traversé l'Europe à pied. Angela Merkel et le chancelier autrichien de l'époque avaient ouvert leurs pays à ces migrants originaires pour la plupart de Syrie, d'Irak et d'Afghanistan.

Position dure sur l'immigration

Sebastian Kurz a pris la chancellerie fin 2017 en Autriche en s'alliant avec l'extrême droite et en portant un projet anti-immigration. Depuis, l'Italie s'est dotée aussi d'un gouvernement de durs sur ce sujet, réunissant extrême droite et populistes.

Les ministres italien Matteo Salvini et autrichien Herbert Kickl sont tous deux d'extrême droite, tandis que leur homologue allemand est un faucon sur les questions migratoires, actuellement en plein conflit avec la chancelière Angela Merkel, cette dernière ayant rejeté son projet de durcissement de l'accueil des demandeurs d'asile.

Tensions entre Rome et Paris

En outre, la polémique entre la France et l'Italie sur les migrants de l'Aquarius est encore montée d'un cran mercredi: Rome, qui exige des excuses de Paris, a convoqué l'ambassadeur français et menacé d'annuler une rencontre entre les dirigeants français et italien vendredi à Paris.

Les déclarations du président français Emmanuel Macron dénonçant "la part de cynisme et d'irresponsabilité du gouvernement italien" après son refus d'accueillir l'Aquarius ont été très mal reçues à Rome.

>> Ecouter le sujet du 12h30 sur les tensions italo-françaises

Le président français Emmanuel Macron.
Ludovic Marin - Reuters
Le 12h30 - Publié le 13 juin 2018

>> Lire: L'Italie refuse de recevoir les "leçons" de la France concernant l'immigration

afp/ebz

Publié le 13 juin 2018 - Modifié le 14 juin 2018

Position plus faible d'un système d'asile européen

L'annonce d'un axe Berlin-Rome-Vienne sur les questions de migration vient affaiblir la position d'Angela Merkel, qui cherche à arracher un accord sur un système d'asile européen en vue du sommet de l'UE de la fin juin. Mais nombre de pays, notamment dans l'est de l'Europe, s'y opposent car ils ne veulent pas d'une répartition européenne des réfugiés.

Sebastian Kurz a souligné que "dieu merci" de nombreux pays de l'Union européenne sont désormais pour des solutions de fermeté face à l'immigration clandestine, citant en particulier les Pays-Bas et le Danemark. La Hongrie, la Pologne et la république tchèque sont aussi opposées aux idées de la chancelière allemande.

Arrivée de 900 migrants en Italie

Près de 900 migrants à bord d'un navire des gardes-côtes italiens ont débarqué mercredi matin dans le port sicilien de Catane. Ce nouvel afflux intervient alors que l'Italie refuse depuis samedi à l'Aquarius, affrété par l'association européenne de sauvetage en mer SOS Méditerranée, d'accoster avec plus de 600 migrants.

La majeure partie des 900 migrants débarqués à Catane sont des Erythréens.

C'est le premier débarquement d'un nombre aussi important de migrants depuis l'arrivée au pouvoir de la nouvelle majorité italienne forte de la Ligue (extrême droite) dont le chef, Matteo Salvini, est également ministre de l'Intérieur.

Celui-ci avait prévenu que les ports italiens seraient fermés aux navires des ONG européennes secourant les migrants au large de la Libye.