Modifié le 15 avril 2018

Même en prison, Lula reste favori pour l'élection présidentielle au Brésil

Des soutiens de l'ex-président Lula devant le Christ Rédempteur de Rio, lors d'une manifestation demandant sa libération, le 14 avril 2018.
Des soutiens de l'ex-président Lula devant le Christ Rédempteur de Rio, lors d'une manifestation demandant sa libération, le 14 avril 2018. [Antonio Lacerda - keystone]
Emprisonné depuis le 7 avril, l'ex-président brésilien Lula reste en tête des intentions de vote en vue de l'élection présidentielle d'octobre. Le deuxième dans le sondage vient d'être inculpé pour "racisme".

Luiz Inácio Lula da Silva, fondateur du parti des travailleurs, a perdu du terrain dans la campagne présidentielle. Mais il reste en tête avec 31% des intentions de vote, selon un sondage réalisé par l'institut Datafolha, publié dimanche.

L'ex-président (2003-2010), incarcéré pour corruption, affiche encore une nette avance sur le député d'extrême droite Jair Bolsonaro, qui obtient 15% des intentions de vote. Ce dernier vient d'être inculpé pour "racisme" à l'égard des communautés indigènes, des femmes et de la communauté LGBT, a annoncé samedi le parquet général du Brésil.

Si le Tribunal suprême fédéral (STF) confirme cette inculpation et le condamne avant octobre, Jair Bolsonaro, 63 ans, pourrait être empêché de se présenter. Mais la lenteur de la justice devrait jouer en sa faveur, estime le site internet JOTA spécialisé dans les questions judiciaires.

Une situation profitable à Marina Silva

Les regards se tournent donc vers Marina Silva, ex-ministre de l'environnement du gouvernement Lula, arrivée en troisième position du sondage, avec 10% des intentions de vote. Mais en cas d'absence de Lula aux élections, Marina Silva enregistrerait 15% des voix, talonnant ainsi Jair Bolsonaro.

L'actuel président Michel Temer, qui pourrait se présenter, ne recueille quant à lui que 2% des intentions de vote.

ats/fme

Publié le 15 avril 2018 - Modifié le 15 avril 2018

Jair Bolsonaro inculpé pour racisme

Jair Bolsonaro, grand nostalgique de la dictature militaire (1964-1985), s'est défendu des accusations de racisme portées contre lui en assurant qu'il s'agissait d'"attaques infondées".

Le parquet brésilien appuie sa demande d'inculpation sur une conférence donnée au Club Hebraica de Rio de Janeiro, en avril 2017: face à un public de 300 personnes, il avait "utilisé des expressions de nature discriminatoire, incitant à la haine et affectant directement plusieurs groupes sociaux".

La procureure reproduit plusieurs extraits de son discours, dans lequel il a parlé des descendants d'esclaves noirs "comme s'ils étaient des animaux", affirmant qu'"ils ne font rien et ne servent à rien, même pas à procréer". Le député aurait également déclaré : "Si je vois deux hommes en train de s'embrasser dans la rue, je vais les frapper".