Publié le 07 mars 2018

Un dégel dans les relations coréennes ferait les affaires de la Chine

Le site commémoratif d'Imjingak, dédié à la réunification de la Corée, se situe à 7 km au sud de la ligne frontalière militaire.
Un dégel dans les relations coréennes ferait les affaires de la Chine La Matinale / 2 min. / le 07 mars 2018
Le dégel se poursuit sur la péninsule coréenne, Séoul et Pyongyang se sont mis d'accord mardi sur la tenue d’un sommet en avril prochain. Ce ballet diplomatique est observé de près par la Chine, qui a tout à y gagner.

A la suite de la visite de deux jours entre représentants de la Corée du Nord et de la Corée du Sud, Kim Jong-Un a promis de suspendre ses essais balistiques. Le dirigeant nord-coréen serait prêt à tirer un trait sur ses armes nucléaires, à condition que la survie du régime soit garanti.

>> Lire aussi: La Corée du Nord et du Sud d'accord pour tenir un sommet fin avril

Kim Jong-Un, avec sa stratégie, exige en somme la réduction des activités militaires, voire le démantèlement de la présence américaine au sud de la péninsule. Si Washington y concède, ce serait une victoire pour la Chine qui a horreur de cette présence militaire américaine en Corée du Sud.

En cas d’échec, la Corée du Nord garderait ses armes nucléaires, mais Kim Jong-Un sera parvenu à affaiblir encore l'alliance entre la Corée du Sud et les Etats-Unis. Dans les deux scénarios, la Chine peut tirer son épingle du jeu en termes d’influence régionale.

Stratégie chinoise ou nord-coréenne?

La Chine est-elle intervenue activement pour parvenir à cette situation? Difficile à dire. Si la Corée du Nord et la Chine restent formellement des alliés, leurs liens se sont tout de même dégradées ces derniers mois. L’agacement règne de part et d’autre de la frontière en raison, notamment, des sanctions internationales soutenues par Pékin. Kim Jong-Un pourrait donc avoir agi seul, dans une volonté aussi de s’affranchir du grand frère chinois.   

Michaël Peuker/lgr

Publié le 07 mars 2018