Modifié le 13 février 2018

Le gel des sondes de vitesse pourrait expliquer le crash de l'avion russe

Les services de secours russes sur les lieux du crash de l'Antonov de Saratov Airlines le 11 février 2018.
Les services de secours russes sur les lieux du crash de l'Antonov de Saratov Airlines le 11 février 2018. [Yuri Kochetkov - EPA/Keystone]
Deux jours après le crash d'un Antonov russe près de Moscou, ses boîtes noires ont commencé à parler mardi, révélant un possible givrage de sondes de vitesse Pitot, déjà en cause dans l'accident du vol Rio-Paris en 2009.

L'avion de ligne, un biréacteur An-148 de la compagnie Saratov Airlines, s'est écrasé près de Moscou dimanche peu après avoir décollé de l'aéroport de Domodedovo en direction d'Orsk, dans l'Oural. Les 65 passagers, dont un Suisse, et six membres d'équipage sont morts.

Retrouvées lors de recherches rendues fastidieuses par une épaisse couche de neige, les boîtes noires ont commencé à délivrer leurs premières informations aux enquêteurs du Comité intergouvernemental d'aviation (MAK).

Les sondes Pitot givrées

Si l'enregistreur contenant les échanges vocaux doit encore être déchiffré, celui contenant les paramètres techniques du vol fait état de "données incorrectes sur la vitesse du vol (...) apparemment liées au givrage de sondes Pitot dont le système de chauffage était éteint".

Appelées aussi "tubes de Pitot", ces sondes permettent aux pilotes de contrôler la vitesse de leur appareil, un élément crucial pour son équilibre en vol.

afp/dk

Publié le 13 février 2018 - Modifié le 13 février 2018

Des sondes mises en cause dans le crash du vol Rio-Paris

Si les sondes Pitot sont encrassées par du givre ou des débris, une mesure incorrecte de vitesse peut être fournie aux pilotes, ce qui risque d'entraîner un décrochage de l'appareil si celui-ci vole trop lentement ou une déformation de l'avion si celui-ci va trop vite.

Ces sondes ont été pointées du doigt dans l'accident de l'Airbus A330 d'Air France assurant la liaison Rio-Paris (vol AF447) et qui s'était abîmé dans l'océan Atlantique le 1er juin 2009 avec ses 228 occupants.

Une nouvelle contre-expertise judiciaire avait désigné le givrage de ces sondes comme point de départ de la catastrophe mais avait montré du doigt la réaction de l'équipage comme sa "cause directe".