Modifié mercredi à 08:13

Procès à huis clos en Israël pour une ado devenue une icône palestinienne

Une adolescente palestinienne devient une héroïne pour son pays
Le procès d'une adolescente palestinienne devenue une héroïne 19h30 / 2 min. / mardi à 19:29
Le procès d'une adolescente palestinienne s'est ouvert mardi devant un tribunal militaire par un premier coup de théâtre. Le juge a ordonné le huis clos, avant d'ajourner les débats peu après.

Après s'être entretenu avec l'avocate d'Ahed Tamimi et devant la foule de proches, de journalistes et de diplomates qui se pressaient au tribunal d'Ofer, en Cisjordanie occupée, le juge a ordonné que tout le monde quitte les lieux, à l'exception de la famille.

Un débat public n'est pas dans l'intérêt d'une mineure comme Ahed Tamimi, arrivée en blouson de prisonnière, entraves aux poignets et chevilles, a dit le juge. L'avocate Gaby Lasky s'est indignée de cette décision devant les journalistes, peu après leur évacuation.

Un long procès en perspective

Accusée d'avoir frappé des soldats israéliens, l'adolescente a plaidé durant les débats à huis clos que c'était avant tout l'occupation par l'armée israélienne de la Cisjordanie - où se sont produits les faits - qui était illégale, a rapporté l'avocate.

Les débats ont été ajournés au bout de deux heures jusqu'au 11 mars, le temps pour l'accusation de préparer sa réponse, a-t-elle dit. Le procès pourrait prendre des mois.

Protagoniste d'une vidéo virale

Ahed Tamimi, 17 ans, figure avec une de ses cousines dans une vidéo tournée le 15 décembre et devenue virale. On les voit bousculer deux soldats, puis leur donner des coups de pieds et de poings. La mère d'Ahed Tamimi intervient, avec l'apparente volonté de s'interposer.

Les trois femmes ont été arrêtées les jours suivants. La justice militaire israélienne a ordonné qu'Ahed Tamimi et sa mère restent détenues jusqu'à leur procès, invoquant "la gravité des faits". La cousine a été libérée sous caution.

Israël poursuit Ahed Tamimi sous 12 chefs d'inculpation, non seulement pour les agissements du 15 décembre, mais aussi des faits antérieurs présumés, comme des jets de pierres contre les soldats, des menaces ou sa participation à des "émeutes".

>> Le compte-rendu d'Aude Marcovitch:

Basem Tamimi salue sa fille Ahed au tribunal militaire de Ramallah, 13.02.2018.
Issam Rimawi - Anadolu Agency/AFP
La Matinale - Publié mercredi à 06:00

afp/dk

Publié mardi à 16:32 - Modifié mercredi à 08:13

Nombreuses réactions à l'international

Le bureau du Haut Commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme et l'Union européenne ont exprimé leur préoccupation devant le cas Tamimi.

La convention internationale des droits de l'enfant stipule que l'emprisonnement d'un enfant doit être une mesure de "dernier ressort" et "aussi brève que possible".

Amnesty International a réclamé la libération immédiate d'Ahed Tamimi, qui "ne posait aucun danger" pour deux soldats lourdement armés et dont la détention prolongée vise selon elle à "intimider" les enfants palestiniens.