Publié le 09 février 2018

Tariq Ramadan fait appel de son placement en détention en France

L'islamologue suisse Tariq Ramadan, photographié lors d'une conférence à Bordeaux en 2016.
L'islamologue suisse Tariq Ramadan, photographié lors d'une conférence à Bordeaux en 2016. [Mehdi Fedouach - AFP]
L'islamologue suisse Tariq Ramadan, incarcéré depuis son inculpation pour viols, a fait appel de sa détention provisoire. Son recours sera examiné jeudi par la cour d'appel de Paris, a appris l'AFP de sources proches du dossier.

Inculpé le 2 février de viol et viol sur personne vulnérable, l'islamologue genevois de 55 ans avait été immédiatement incarcéré dans l'attente d'un débat sur son mandat de dépôt, le temps de préparer sa défense.

Mardi, un juge des libertés et de la détention (JLD) a finalement ordonné son placement en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet de Paris.

Tariq Ramadan, qui a fait appel mercredi de sa détention provisoire, est incarcéré dans la prison de Fleury-Mérogis, près de Paris. Il conteste toute relation sexuelle avec les deux femmes ayant porté plainte en octobre contre lui pour des faits de viols qui auraient eu lieu en 2009 et 2012.

Les faits dénoncés se seraient déroulés dans des hôtels, en marge des conférences à succès données en France par l'intellectuel.

Courrier à la ministre de la Justice

Ce petit-fils du fondateur de la confrérie égyptienne islamiste des Frères musulmans, accusé par ses détracteurs de promouvoir un islam politique sous couvert de discours réformistes, avait fustigé "une campagne de calomnie" au début de cette affaire, pour laquelle trois juges d'instruction ont été désignés.

Ses avocats ont écrit à la ministre française de la Justice, Nicole Belloubet, pour demander la saisine de l'instance de contrôle de l'administration judiciaire, affirmant que l'enquête préliminaire a été émaillée de dysfonctionnements au détriment de leur client.

Ils dénoncent notamment la transmission tardive aux enquêteurs d'une note décrivant l'agenda de Tariq Ramadan le 9 octobre 2009, date à laquelle une des plaignantes l'accuse de l'avoir violée.

Cette note, transmise la semaine dernière aux enquêteurs, fait état d'une réservation de billet d'avion pour une arrivée à Lyon à 18h35, alors que la plaignante a évoqué un viol ayant eu lieu l'après-midi. La présence de Tariq Ramadan dans ce vol n'avait donc pu être vérifiée avant son inculpation.

ats/tmun

Publié le 09 février 2018