Modifié le 01 février 2018

La démocratie a reculé dans le monde l'an passé, alerte un rapport

La démocratie dans le monde a connu en 2017 l'une de ses pires régressions depuis des années, selon un indice publié par The Economist. Le rapport souligne en particulier les menaces pesant sur la liberté d'expression.

L'indice de la démocratie prend en compte 5 critères pour attribuer à chaque pays une note globale sur 10: pluralisme, fonctionnement du gouvernement, participation politique, culture politique, libertés.

Selon le classement, la Norvège, l'Islande et la Suède forment le trio de tête. La Suisse, elle, se classe 9e, à égalité avec la Finlande. Le Tchad, la Syrie et la Corée du Nord ferment la marche.

Un tiers de la population vit sous un régime autoritaire

Sur la base de leur note globale, 76 pays pouvaient être considérés en 2017 comme des démocraties, dont seulement 19 comme des démocraties "complètes" (4,5% de la population mondiale).

Trente-neuf étaient classés comme "régimes hybrides" et 52 pays, où vit plus du tiers de la population mondiale, comme des "régimes autoritaires".

Moins de 30 pays ont connu une amélioration par rapport à 2016. A l'inverse, près de 90 Etats ont vu leur note globale baisser: la moyenne est passée de 5,52 en 2016 à 5,48 en un an. Il s'agit de la pire performance depuis 2010-2011.

Pauline Turuban

Publié le 01 février 2018 - Modifié le 01 février 2018

Régression notable dans les démocraties les plus anciennes

Le rapport de The Economist étudie également l'évolution de l'indice démocratique depuis sa première année d'existence, en 2006. Il relève que la régression est flagrante dans les plus anciennes démocraties du monde, qu'il s'agisse de l'Europe occidentale ou des Etats-Unis.

L'hebdomadaire liste les principales manifestations de ce recul de la démocratie: "déclin de la participation aux élections et à la politique, faiblesses dans le fonctionnement du gouvernement, baisse de la confiance dans les institutions, diminution de l'attrait des partis traditionnels, influence grandissante d'institutions et d'organes d'experts non élus, élargissement du fossé entre élites politiques et électorats, déclin des libertés médiatiques, érosion des libertés civiques y compris de la liberté d'expression."

La participation électorale fait baisser le score suisse

La Suisse, classée 9e avec une note globale de 9,03 sur 10, est qualifiée de démocratie "complète". Elle est très bien notée en termes de pluralisme (9,58), fonctionnement du gouvernement (9,29), culture politique (9,38) et libertés civiques (9,12). Pour ce qui est de la participation politique, en revanche, sa note est nettement plus basse: 7,78. La Norvège, en tête du classement, atteint pour sa part le score parfait de 10 dans trois catégories sur cinq (pluralisme, participation politique, culture politique), et une note supérieure à 9,5 dans les deux autres.