Modifié le 19 janvier 2018

Les Jeux olympiques, "un prétexte" pour la rencontre des deux Corées

L'invité-e de Romain Clivaz (vidéo) - Carole Gomez
L'invité-e de Romain Clivaz - Carole Gomez, spécialiste de l’impact du sport dans les relations internationales L'invité-e de Romain Clivaz / 15 min. / le 19 janvier 2018
Les Jeux olympiques de Pyongchang seront-ils une plateforme pour la paix entre les deux Corées? Selon la chercheuse Carole Gomez, l'événement est "un prétexte pour se rencontrer", mais ce n'est pas une première.

Lors des Jeux olympiques de Pyeongchang, qui débutent dans trois semaines, le pays hôte, la Corée du Sud et sa voisine Corée du Nord défileront sous une même bannière, et une équipe de hockey sur glace féminine commune sera en lice.

Ce rapprochement par le sport est-il une une réelle avancée dans les relations entre les deux Corées? Carole Gomez, spécialiste de l'impact du sport à l'Institut de relations internationales et stratégiques de Paris, invitée vendredi de la Matinale de La RTS, y voit "un prétexte pour se rencontrer".

"C'est une occasion saisie par Kim Jong-Un dans son discours du 31 décembre de mettre en avant le fait de tendre la main", analyse-t-elle. "On parle souvent de la Corée du Nord de manière négative, en lien avec le nucléaire... C'est l'occasion de donner un nouveau souffle, une nouvelle image aux relations entre les deux pays", ajoute-t-elle.

Déjà des tentatives de rapprochement

Carole Gomez rappelle "la situation plus tendue" en 1988 lorsque la Corée du Nord avait proposé de participer à l'organisation des Jeux olympiques de Séoul. "Le CIO avait décliné, pour des questions notamment d'infrastructures. Cela avait beaucoup vexé la Corée du Nord, qui avait boycotté."

Elle précise aussi que "tout le monde se focalise sur les Jeux olympiques", mais qu'il y a eu d'autres tentatives de rapprochement, comme "des défilés communs aux Jeux de 2000, 2004 et 2006, des championnats au sein de la péninsule, des échanges de sportifs, la volonté de proposer des compétitions co-organisées, ou encore la proposition de la Corée du Nord d'aider la Corée du Sud à accueillir la Coupe du monde de football organisée avec le Japon en 2002."

"Le mythe de l'apolitisme" du CIO

Le Comité international olympique (CIO) évoquera cette problématique samedi à Lausanne. "Il y a eu toujours le mythe de l'apolitisme du sport, défendu avec force par le CIO. Mais les faits démontrent que le sport est évidemment politique", estime Carole Gomez.

Propos recueillis par Romain Clivaz

Adaptation web: Jessica Vial

Publié le 19 janvier 2018 - Modifié le 19 janvier 2018