Modifié le 11 janvier 2018

L'UE presse Donald Trump de certifier l'accord sur le nucléaire iranien

Des rials iraniens photographiés dans le vieux bazar de Téhéran.
Des rials iraniens photographiés dans le vieux bazar de Téhéran. [Vahid Salemi - Keystone]
L'Union européenne a lancé jeudi un appel aux Etats-Unis pour préserver l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien, ajoutant que Téhéran avait le droit de tirer profit de la levée des sanctions qui y est associée.

Le principal objectif de l'accord de 2015 - la "surveillance étroite" des activités nucléaires iraniennes - est tenu et l'unité de la communauté internationale est essentielle pour le préserver, a déclaré la représentante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

La Haute Représentante de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité commune s'exprimait à l'issue d'une réunion à Bruxelles avec les ministres des Affaires étrangères de l'Allemagne, de la France, de la Grande-Bretagne et de l'Iran.

Les trois pays européens sont signataires, avec les Etats-Unis, la Russie et la Chine, de l'accord trouvé en juillet 2015 avec la République islamique visant à encadrer ses activités nucléaires en échange de la levée des sanctions internationales la frappant.

Décision attendue vendredi

Le président américain Donald Trump a jusqu'à vendredi pour décider s'il renouvelle les sanctions contre l'Iran. Conformément aux règles américaines qui prévoient que le Congrès sollicite périodiquement le président pour lui demander de certifier le respect par l'Iran de ses engagements, une nouvelle échéance est en effet fixée ce vendredi.

Donald Trump a porté mi-octobre un coup sévère à l'accord de 2015 en annonçant son refus de certifier que Téhéran le respectait.

>> Lire: Donald Trump ne certifiera pas l'accord sur le nucléaire iranien

Selon des sources proches de la présidence américaine, les hauts conseillers de Donald Trump le pressent de ne pas réimposer de sanctions à l'Iran mais en privé, ajoute-t-on de même source, le président se montre réticent à suivre leurs conseils.

Le premier janvier, Donald Trump avait encore dénoncé un "terrible accord conclu avec l'administration Obama" sur son compte Twitter, en martelant qu'il fallait que ça change.

"L'Iran échoue à tous les niveaux malgré l'accord terrible conclu avec l'administration Obama. Le grand peuple iranien a été réprimé pendant de nombreuses années. Ils ont faim de nourriture et de liberté. Les droits de l'homme, avec la richesse de l'Iran, sont en train d'être pillés. IL FAUT QUE ÇA CHANGE!"

reuters/fme

Publié le 11 janvier 2018 - Modifié le 11 janvier 2018

Pas d'alternative à l'accord

"Cet accord est essentiel et il n'existe aucune alternative", a dit le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian. Il a toutefois ajouté que l'Europe ne cherchait pas à passer sous silence les "autres points de désaccord" avec l'Iran, dont son programme de missile balistique.

Même tonalité dans les propos du ministre allemand Sigmar Gabriel, qui a fait valoir que l'accord signé avec l'Iran était une "nécessité absolue" au moment où la Corée du Nord tente d'entrer dans le club des puissances nucléaires tout en notant que l'Union européenne ouvrait une "nouvelle ligne de communication" avec l'Iran pour discuter des questions non-nucléaires.

Le Britannique Boris Johnson a souligné pour sa part que nul n'avait jusqu'à présent proposé une meilleure alternative à l'accord de 2015.