Modifié le 10 novembre 2017

220 tonnes de dossiers et 13 suspects deux ans après les attentats de Paris

La terrasse du café Le Carillon deux jours après les attentats du 13 novembre à Paris.
La terrasse du café Le Carillon deux jours après les attentats du 13 novembre à Paris. [Marius Becker / DPA - afp]
Deux ans après les attaques meurtrières du 13 novembre à Paris, le procureur François Molins a dressé vendredi un point chiffré sur l'enquête, évoquant 13 suspects, 220 tonnes de procédures et 690 Français en zone irako-syrienne.

13 suspects en détention

Devant la presse, François Molins a dressé un "bilan positif" concernant l'enquête sur les attaques du 13 novembre 2015 qui ont fait 130 morts et 413 blessés dans la salle de spectacles du Bataclan, sur des terrasses de café parisiennes et aux abords du stade de France.

Le procureur de la République a annoncé que 13 suspects étaient actuellement en détention, cinq en Belgique, sept en France et un en Turquie. Parmi eux figure l'un des auteurs des fusillades sur les terrasses, Salah Abdeslam, le seul survivant des commandos qui a été interpellé en mars 2016 à Molenbeek et incarcéré en France.

"On a un dossier suffisamment avancé pour expliquer qui est allé en Syrie et expliquer les conditions de retour des djihadistes en Europe en 2015, des éléments très précis sur la logistique", a déclaré le magistrat sur franceinfo.

220 tonnes de dossier et 28'000 procès-verbaux

François Molins a aussi précisé que l'instruction est toujours en cours et que les juges d'instruction espèrent clôturer le dossier au printemps 2019. Et d'évoquer un dossier qualifié de "tentaculaire" avec 220 tonnes de procédures et 28'000 procès-verbaux analysés par six juges d'instruction.

Le magistrat ne veut toutefois pas se prononcer sur une éventuelle date de procès.

690 personnes en zone irako-syrienne, dont 295 femmes

Le procureur a aussi déclaré que les services français estiment à 690 le nombre de Français qui combattent dans la zone irako-syrienne, dont 295 femmes et 28 mineurs de plus de 15 ans, sans compter les mineurs non combattants, estimés à 400 environ.

Selon lui, la majorité des combattants de l'EI n'ont pas l'intention de revenir en France et devraient "se diluer" dans cette zone. Le phénomène de retour ne devrait essentiellement concerner que les enfants et les femmes.

398 individus mis en examen et 260 en détention

Outre les Français détenus à l'étranger, le procureur chiffre à 398 le nombre d'individus actuellement mis en examen en France, dont 260 sont placés en détention provisoire dans des affaires liées au terrorisme.

Conséquence de la vague d'attentats, la juste antiterroriste française est saturée de dossiers liés à l'islamisme radical, avec un total, le 9 octobre dernier, de 621 saisines de la section antiterroriste du parquet de Paris pour faits liés à l'islamisme radical depuis 2012, dont 452 dossiers en cours.

17 attaques individuelles en France en 2016

"L'année 2017 est peut-être marquée par une recrudescence des actes isolés", a conclu François Molins, cité par franceinfo. Depuis la fin 2014, il y a eu 17 attaques individuelles, dont 11 pendant l'année 2017. "Cela illustre bien la montée en puissance de ce que l'on appelle la menace endogène"

boi

Publié le 10 novembre 2017 - Modifié le 10 novembre 2017